| | Biographies Monday, January 1, 2007 Johannes Bessarion est un byzantin, brillant prédicateur, évêque de Nicée. Il est envoyé en 1437 au concile de Florence et c'est lors de ce voyage qu'il fait la connaissance de N. de Cues. Favorable à l'union des Eglises, il est rejeté par les siens, à son retour à Constantinople, pour s'être rallié au camp des latins. Se sentant menacé, il revient en Italie en 1439 et se soumet complètement à l'Eglise de Rome. Le pape Eugène IV le fait cardinal. On lui confie de nombreuses missions diplomatiques au cours desquelles il lui arrive de soutenir N. de Cues dans ses démêlés à Brixen. Il aurait été près d'être élu pape si son origine grecque ne l'avait pas rendu suspect aux yeux de certains.
Bessarion possédait une très riche bibliothèque et disposait d'une véritable troupe de copistes et de traducteurs à son service, dont notamment Regiomontanus. Il lègua cette bibliothèque à la ville de Venise pour en prévenir la dispersion. Très engagé dans la défense du platonisme, il a écrit le De natura et arte adversus Trapezuntium dans lequel il polémique avec Georges Trébizonde qui avait écrit un pamphlet contre Platon. Il fait partie des correspondants de N. de Cues qui le poussent à reprendre le problème de la quadrature du cercle qu'il avait insuffisamment travaillé dans ses Transmutations Géométriques. Il est l'auteur de nombreux travaux théologiques au sujet du fameux " Filioque " qui domina les discussions au concile de Florence. Il aurait effectué quelques observations astronomiques. On a conservé d'innombrables lettres qui restent à étudier et parmi lesquelles, peut-être, on pourrait trouver des traces de ses discussions mathématiques avec N. de Cues. Sunday, December 24, 2006 Surnommé Phoebus en raison, dit-on, de sa chevelure blonde, il succéda à son père Gaston II à l'âge de douze ans. Brave, magnifique, ami et protecteur des lettres, ami de Froissart, il restait cependant un vrai féodal, passionné de chasse, de guerre, violent au point de tuer dans un accès de colère son unique fils légitime qui avait été l'instrument insconscient d'une tentatve d'empoisonnement perpétrée contre Gaston par Charles le Mauvais (1382).
D'abord fidèle à Philippe VI, il prit part en 1347 à l'expédition de Calais, mais sa rivalité avec le comte d'Armagnac, à propos de Bigorre, le brouilla avec Jean II le Bon, auquel il refusa de faire hommage pour le Béarn. Arrêté à Paris sur les ordres de Jean II, il fut libéré après la bataille de Poitiers (1356), se rendit en Prusse pour combattre les infidèles dans les rangs des Teutoniques et revint en France pour participer à l'écrasement de la Jacquerie (1358). Avec l'aide des Grandes Compagnies, il guerroya contre Jean Ier d'Armagnac, qu'il battit et fit prisonnier à Launac (1362); il ne le libéra que contre une énorme rançon (300 000 florins). Sa rivalité avec la maison d'Armagnac ne cessa pas; à ce conflit s'ajouta celui qui l'opposa à Jean de France, duc de Berry, qui lui avait enlevé le titre de lieutenant général du Languedoc (1375).
Gaston III se rendit également célèbre par ses amours, mais il resta toujours un chrétien sincère et même dévot. Il a laissé un traité sur la chasse et la fauconnerie: Miroir de Phébus, des déduiz de la chasse des bestes sauvaiges et des oyseaux de proye (publié à Poitiers en 1560). Le Grand Mourre Sunday, December 17, 2006 John Skelton lived from the 1460s until 1529. He came after Geoffrey Chaucer and Sir Thomas Mallory. He preceded Spenser and Shakespeare. He was a young man when Mallory's "Le Mort d'Arthur" was published, and he was old when Sir Thomas More's "Utopia" came out. Nothing is known about him prior to when he began studying at Oxford University in the early 1480's. There he was awarded the title "poet laureate", which would be the equivalent of a modern day doctorate of poetry. He soon became famous for his rhetoric, his satiric flair and his translations. In 1488 he joined the court of Henry VII, and was the official royal poet for most of the next 40 years. Skelton tutored the young Prince Henry (who went on to be Henry VIII) for 5 years. His job was to teach him the performing arts, but one wonders what else he may have taught him. Skelton became a priest in 1498, and began to write seriously. He wrote many books on the teaching profession, which are all lost except for one entitled Speculum Principis (1501). As well he wrote The Bowge of Courte, (rewards of court) - a satire of court politics, printed in 1499 by Wynken de Worde, who also printed the first ever book of riddles. Skelton's poetry emerged just as the printing press was taking off. Skelton spent some time in prison. In 1501-1502 Skelton was involved in court disputes which led to a brief imprisonment for delinquency in a debt. He had a reputation of heavy drinking and womanising. From 1502 he served as rector of Diss in Norfolk, staying in residence for ten years. There he wrote Ware the Hawk, a savage satire on a priest who preferred hunting with falcons to religion; and his most famous poem - Philip Sparrow, a playful elegy about a young girl's dead pet bird. His poetry gave us the phrases: "I smell a rat" "By hook or by crook" and "In spite of his teeth" http://skelton.id.au/skelton.html Monday, November 6, 2006 Mémoires de Saint-Simon, texte intégral en ligne : http://rouvroy.medusis.com/docs/1003.html?qid=sdx_q0Tome 10 - CHAPITRE III. Pelletier se démet de la place de premier président. — M. du Maine la fait donner au président de Mesmes. — Extraction et fortune des Mesmes. — Caractère de Mesmes, premier président... Cinq jours après, M. du Maine la fit donner au président de Mesmes, et le roi voulut que ce fût ce cher fils qui le lui apprît, à qui il était si principal d'avoir un premier président totalement à lui. Ce magistrat paraîtra si souvent dans la suite qu'il est nécessaire de le connaître, et de reprendre les choses de plus haut. Ces Mesmes sont des paysans du Mont-de-Marsan, où il en est demeuré dans ce premier état qui payent encore aujourd'hui la taille, nonobstant la généalogie que les Mesmes qui ont fait fortune, se sont fait fabriquer, imprimer et insérer partout où ils ont pu, et d'abuser le monde, quoiqu'il n'ait pas été possible de changer les alliances, ni de dissimuler tout à fait les petits emplois de plume et de robe à travers l'enflure et la parure des articles. Le premier au net qui se trouve avoir quitté les sabots fut un professeur en droit dans l'université de Toulouse, que la reine de Navarre, sœur de François I, employa dans ses affaires, et le porta à la charge de lieutenant civil à Paris. Son fils professa aussi le droit à Toulouse, puis fut successivement conseiller à la cour des aides, au grand conseil, et maître des requêtes. Il sera mieux connu par le nom qu'il porta de sieur de Malassise [<a href=" http://gw.geneanet.org/index.php3?b=mdelajudie&lang=fr&m=NG&n=henri+de+mesmes&t=PN" target="_blank">Henri de Mesmes</a>], d'où la courte paix qu'il négocia avec les huguenots, comme second du premier maréchal de Biron, en 1570, qui n'était pas lors maréchal de France, mais qui était déjà boiteux d'une blessure, fut appelé la paix boiteuse et mal assise. Il fut père du sieur de Roissy [<a href=" http://gw.geneanet.org/index.php3?b=mdelajudie&lang=fr;p=jean+jacques;n=de+mesmes;oc=1, " target="_blank">Jean-Jacques de Mesmes</a>] successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, qui eut un brevet de conseiller d'Etat et d'intendant des finances, et qui fut père de trois fils qui établirent puissamment cette famille, et de deux filles, dont l'aînée épousa le sieur Lambert d'Herbigny, maître des requêtes, l'autre Maximilien de Bellefourière, qui fut mère du marquis de Soyecourt, si à la mode et fort en faveur, grand maître de la garde-robe, en 1653, chevalier du Saint-Esprit en 1661, et qui acheta en 1669 la charge de grand veneur du chevalier de Rohan, Il était gendre du président de Maisons, surintendant des finances, et mourut à Paris, en 1679. Ses deux fils furent tués tous deux à la bataille de Fleurus, sans alliance, en 1690; et leur sœur mariée pour rien à Seiglière Bois-Franc porta à ses enfants tous les biens de Bellefourière, de Soyecourt, sa grand'mère, héritière, et des Longueil-Maisons qu'elle a vu éteindre. Ces riches aventures arrivent toujours à des filles de qualité dont on veut se défaire pour rien, et qui épousent des vilains. Les trois frères de ces deux sœurs, enfants du sieur de Roissy, et petits enfants du sieur de Malassise, furent le sieur de Mesmes, le sieur d'Avaux, et le sieur d'Irval. Le sieur de Mesmes [<a href=" http://gw.geneanet.org/index.php3?b=mdelajudie&lang=fr;p=henri+ii;n=de+mesmes " target="_blank">Henri II de Mesmes</a>] fut lieutenant civil à Paris, en 1613, et député du tiers état aux derniers états généraux tenus à Paris, en 1614. Il mourut président à mortier, en 1650, et il avait épousé [4] la fille unique de Gabriel des Fossés, dit La Talée, marquis d'Everly, gouverneur de Montpellier et de Lorraine, chevalier du Saint-Esprit, en 1633. Cette héritière avait épousé en premières noces Gilles de Saint-Gelais dit Lezignen [5], dont elle avait eu une fille unique, qui épousa le duc de Créqui, et qui fut dame d'honneur de la reine; et de son second mariage la maréchale-duchesse de Vivonne, et une naine pleine d'esprit, religieuse de la Visitation Sainte-Marie à Chaillot. Ainsi les duchesses de Créqui et de Vivonne étaient sœurs de mère. Le sieur d'Avaux [<a href=" http://gw.geneanet.org/index.php3?b=mdelajudie&lang=fr;p=claude;n=de+mesmes" target="_blank">Claude de Mesmes</a>] est le célèbre d'Avaux qui se comtisa dans ses ambassades. Il négocia à Rome, à Venise, à Mantoue, à Turin, à Florence, chez la plupart des princes d'Allemagne; ambassadeur en Danemark, en Suède, en Pologne, et plénipotentiaire à Hambourg, à Munster, à Osnabrück, où il eut tant de démêlés avec Servien, son collègue, qui eut plus de crédit que lui à la cour. Il fut greffier de l'ordre, ministre d'État, et surintendant des finances, mais un peu en peinture, comme il l'avoue par quelques-unes de ses lettres. Servien, son fléau, qui l'était avec lui [6], en avait toute l'autorité. D'avaux ne se maria point, et mourut comme son frère aîné, en 1650, quelques mois après lui. Le sieur d'Irval [<a href=" http://gw.geneanet.org/index.php3?b=mdelajudie&lang=fr;p=jean+antoine;n=de+mesmes;oc=1" target="_blank">Jean Antoine de Mesmes</a>] prit le nom de Mesmes à la mort de son frère aîné, dont il eut la charge de président à mortier. Il laissa deux fils, l'aîné qui succéda à son nom et à sa charge, et qui épousa la fille de Bertran, sieur de La Bazinière, trésorier de l'épargne et prévôt grand maître des cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit, qui avait épousé pour rien Mlle de Barbezières-Chemerault, fille d'honneur de la reine. La Bazinière tomba en déroute, en recherches, fut mis à la Bastille, privé de ses charges et du cordon bleu qui ne lui fut point rendu. C'était un riche, délicieux et fastueux financier, qui jouait gros jeu, qui était souvent de celui de la reine, et qui la quittait familièrement à moitié partie, et la faisait attendre pour achever qu'il eût fait sa collation qu'il faisait apporter dans l'antichambre, et dont il régalait les dames. Il était si bon homme et si obligeant qu'on lui passait toutes ces impertinences: fort galant, libéral, magnifique, homme de grande chère, et si aimé que tout le monde s'intéressa pour lui. Il parut constant qu'il n'y avait nulle friponnerie en son fait, mais un grand désordre, faute de travail et d'avoir su régler sa dépense. Il sortit enfin d'affaires; et quoique dépouillé et réduit au petit pied, il fut le reste de sa vie, qui fut encore longue, bien reçu partout et accueilli de la meilleure compagnie. Je l'ai vu chez mon père, avec un joli équipage, et, tout vieux qu'il était, l'homme le plus propre et le plus recherché. Il mourut en 1688, tout à la fin, quinze on seize ans après être sorti d'affaires. Son gendre eut sa charge de l'ordre, qui mourut neuf ou dix mois avant lui. Son frère qui ne se maria point, et qui, tout conseiller d'État de robe qu'il était, se faisait appeler le comte d'Avaux, fut survivancier, puis titulaire de sa charge de l'ordre, ambassadeur à Venise, en Hollande, près du roi Jacques en Irlande, en Suède, et encore en Hollande, et mourut d'une seconde taille, en 1709. J'en ai parlé ailleurs. Son aîné, le président de Mesmes, gendre de La Bazinière, eut trois fils et deux filles; l'aîné, qui fut premier président cette année; un abbé de Mesmes fort débordé; un chevalier de Malte qui ne le fut guère moins, et que le crédit de son frère chargea de bénéfices et de commanderies, et qu'il fit ambassadeur de Malte; Mme de Fontenilles, dont j'aurai lieu de parler dans la suite, et une ursuline. Après ce détail nécessaire, venons au nouveau premier président [<a href=" http://gw.geneanet.org/index.php3?b=mdelajudie&lang=fr;p=jean+antoine;n=de+mesmes" target="_blank">Jean Antoine de Mesmes</a>]. Il porta le nom de sieur de Neuchâtel du vivant de son père. C'était un grand et gros homme, de figure colossale, trop marqué de petite vérole, mais dont toute la figure, jusqu'au visage, avait beaucoup de grâces comme ses manières, et avec l'âge quelque chose de majestueux. Toute son étude fut celle du grand monde à qui il plut, et fut mêlé dans les meilleures compagnies de la cour et dans les plus gaillardes. D'ailleurs il n'apprit rien et fut extrêmement débauché, tellement que son père le prit en telle aversion qu'il osait à peine paraître devant lui. Il ne lui épargnait pas les coups de bâton, et lui jetait quelquefois des assiettes à la tête, ayant bonne compagnie à sa table, qui se mettait entre-deux et tâchait de les raccommoder souvent; mais le fils était incorrigible, et ne songeait qu'à se divertir et à dépenser. Cette vie libertine le lia avec la jeunesse la plus distinguée qu'il recherchait avec soin, et ne voyait que le moins qu'il pouvait de palais et de gens de robe. Devenu président à mortier par la mort de son père, il ne changea guère de vie, mais il se persuada qu'il était un seigneur, et vécut à la grande. Les gens distingués qui fréquentaient la maison de son père, les alliances proches de M. de La Trémoille, de M. d'Elbœuf, et des enfants de Mme de Vivonne qui vivait et qui les liait, le tentaient de se croire de la même espèce, gâté qu'il était par la même sorte de gens avec qui il avait toujours vécu. Il n'oublia pas de lier avec les courtisans qu'il put atteindre. D'Antin fut de ce nombre par ses cousines; et par ces degrés, il parvint jusqu'à M. et Mme du Maine, qui, dans leurs projets, avaient besoin de créatures principales dans le parlement, et qui ne négligèrent pas de s'attacher un président à mortier. Celui-ci, ravi de s'en voir si bien reçu, songea à se faire une protection puissante du fils, favori du roi; et se dévoua jusqu'à la dernière indécence à toutes les fantaisies de Mme du Maine. Il y introduisit son frère le chevalier; ils furent de toutes les fêtes de Sceaux, de toutes les nuits blanches [8]. Le chevalier n'eut pas honte de jouer aux comédies, ni le président d'y faire le baladin, à huis clos entre une vingtaine de personnes. Il en devint l'esclave à n'oser ne pas tout quitter pour s'y rendre, et à se laisser peindre travesti, dans un tableau historique, de ces gentillesses, avec des valets de Sceaux, à côté du suisse en livrée. Ce ridicule lui en donna beaucoup dans le monde, et déplut fort au parlement. Il le sentit, mais il était aux fers, et il importait à ses vues de fortune de ne les pas rompre. Avançant en ancienneté parmi les présidents à mortier, il comprit qu'il était temps de fréquenter le palais un peu davantage, et la magistrature à qui sa négligence à la voir avait marqué trop de mépris. Il ne crut pas même indifférent de s'abaisser à changer un peu de manières pour les avocats, procureurs, greffiers un peu distingués; et néanmoins n'en refroidit pas son commerce avec les gens de la cour et du grand monde, dont il avait pris tout à fait le ton et les manières. Il chercha aussi à suppléer à son ignorance en apprenant bien ce qu'on appelle le trantran du palais, et à connaître le faible de chacun de Messieurs qui avaient du crédit et de la considération dans leurs chambres; beaucoup d'esprit, grande présence d'esprit, élocution facile, naturelle, agréable; pénétration, reparties promptes et justes; hardiesse jusqu'à l'effronterie; ni âme, ni honneur, ni pudeur; petit-maître en mœurs, en religion, en pratique; habile à donner le change, à tromper, à s'en moquer, à tendre des pièges, à se jouer de paroles et d'amis, ou à leur être fidèle, selon qu'il convenait à ses intérêts; d'ailleurs d'excellente compagnie, charmant convive, un goût exquis en meubles, en bijoux, en fêtes, en festins, et en tout ce qu'aime le monde; grand brocanteur et panier percé sans s'embarrasser jamais de ses profusions, avec les mains toujours ouvertes, mais pour le gros, et l'imagination fertile à s'en procurer; poli, affable, accueillant avec distinction, et suprêmement glorieux, quoique avec un air de respect pour la véritable seigneurie, et les plus bas ménagements pour les ministres et pour tout ce qui tenait à la cour. Rien n'a mieux dépeint son principal ridicule qu'un de ce grand nombre de noëls qu'on s'avisa de faire une année pour caractériser beaucoup de gens de la cour et de la ville, qu'on introduisit à la crèche les uns après les autres. Je ne me souviens plus du couplet, sinon qu'il débutait: Je suis M. de Mesmes, et qu'il finissait: qui vient prier le poupon à sou per en carême. Il avait eu la charge de l'ordre de son oncle, et un logement, non à Versailles mais à Fontainebleau, qu'avait eu son père, et que son père avait conservé en se défaisant d'une charge de lecteur du roi qu'il avait eue assez longtemps. C'en est assez, maintenant sur ce magistrat, qui à toute force voulait être un homme de qualité et de cour, et qui se faisait souvent moquer de lui par ceux qui l'étaient en effet, et avec qui il vivait tant qu'il pouvait. Sunday, November 5, 2006 Sommaire pour Jean Matagrin, capitaine de la première compagnie du quartier de Comporte de la ville de Troyes, contre Louis Fouré, huissier de police en la même ville (1705)
Les obstacles qui se trouvaient en la ville de Troyes, pour la perception du droit d’entrée sur les bestiaux, obligèrent Monsieur Harouis, intendant en la généralité de Champagne, de rendre son ordonnance portant que les maire et échevins fourniraient une bonne et sûre garde aux portes, pour soutenir leur commis dans la perception de ce droit.
En exécution de cette ordonnance, les maire et échevins ayant donné leur ordre par écrit au sieur Matagrin de commander six hommes de sa compagnie avec un sergent, pour demeurer à la porte de la ville appelée Comporte.
Le sieur Matagrin ayant nommé Louis Fouré, il refusa d’obéir et de se trouver au lieu qui lui avait été indiqué, ce qui obligea le sieur Matagrin, en conséquence des arrêts du conseil en forme de règlement, de condamner Fouré à trois livres d’amende.
Fouré ayant refusé de payer cette amende et d’ouvrir ses portes lors de la saisie, les maire et échevins rendirent leur ordonnance portant ordre à un serrurier de les ouvrir.
Fouré, pour en empêcher l’exécution, se pourvut pardevant Monsieur Harouis, qui se trouva pour lors en la ville de Troyes, en faisant son département, et sur la simple requête de Fouré, sans la communiquer à Matagrin ni aux maire et échevins, il rendit son ordonnance le 16 octobre 1704, par laquelle il déchargea Fouré de la garde bourgeoise de la ville, ensemble des amendes et frais auxquels il pouvait avoir été condamné, avec défenses à Matagrin et à tous autres de l’inquiéter.
M. Harouis n’ayant pas voulu recevoir l’opposition de Matagrin à cette ordonnance, il se pourvut sur le fondement d’arrêt du conseil en forme de règlement en la Connétablie et Maréchausse de France, où l’ayant fait infirmer, Fouré obtint sur la requête arrêt du conseil au mois de mars 1705, qui causa le jugememt de la Connétablie et ordonna que cette ordonnance serait exécutée.
Matagrin ayant formé opposition à cet arret, en ce qu’il ne lui avait pas réservé la voie de droit, il a demandé qu’ayant égard à l’appel qu’il avait interjeté de cette ordonnance de Monsieur Harouis, elle soit infirmée, et Fouré débouté de ses demandes.
Les moyens de Matagrin sont dans la forme, que cette ordonnance de M. Harouis a été rendue sur simple requête, sans avoir voulu recevoir l’opposition de Matagrin.
Dans le fond, que M. Harouis n’a pu accorder à Fourné l’exemption du guet et garde, que l’édit de création de son office d’huissier ne lui a pas donné.
Que ce qui induit M. Harouis en erreur, est l’extrait tronqué que Fouré lui a présenté de l’édit de création de son office, duquel extrait Fouré a donné copie à Matagrin, par lequel il confond les privilèges accordés aux procureurs du roi de police, créés par le même édit, avec ceux attribués aux huissiers de police, puisque cet édit distingue par des articles séparés ces deux créations, et qu’il n’accorde point cette exemption du guet et garde aux huissiers de police.
C’est une illusion à Fouré de prétexter le service qu’il doit à cause de son office; parce qu’outre qu’il n’a qu’une fois la semaine audience pour la police, le samedi à cinq heureé du soir, c’est qu’il y a encore trois autres huissiers de police avec lui qui ne refusent point d’aller au guet et garde, le sieur Herbelin, l’un d’eux, étant même enseigne de son quartier.
Joint que les avocats, procureurs, et autres officiers plus distingués sont assujettis aux guet et garde; et que dans tous les différents édits des nouveaux officiers, on a distingué cette exemption de guet et garde, que l’on donne aux uns et que l’on ne donne pas aux autres.
M. Le Cocq, rapporteur. Perrin, avocat
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Mémoire pour Louis Fourey, huissier audiencier au siège de police de la ville de Troyes, intime en appel et défendeur. Contre Jean Matagrin, capitaine de la milice bourgeoise de ladite ville, appellant de l’ordonnance de Monsieur d’Harouis, et opposant à l’arrêt du conseil qui en ordonne l’exécution.
Par l’arrêt auquel Matagrin a formé opposition, sans autre motif que de porter plus loin le ressentiment et la vexation contre Fourey, sa Majesté ayant égard à sa requête, sans s’arrêter à l’ordonnance surprise par Matagrin au siège de la Connétablie le six décembre 1704, ni aux assignations données en conséquence audit Fourey, lequel en est dechargé, ordonne que l’ordonnance du sieur Harouis, intendant de la généralité de Champagne, sera exécutée selon sa forme et teneur, avec défense audit Matagrin de faire aucunes poursuites ni procédure pour raison du fait en question à la Connétablie.
Par ladite ordonnance le sieur Harouis, présent à Troyes et parfaitement informé de l’état des choses, avait déchargé ledit Fourey de la garde bourgeoise de ladite ville, ensemble des amendes et frais auxquels il pouvait avoir été condamné pour raison de ce, avec défense audit Matagrin et à tous autres de l’inquiéter à ce sujet.
Ainsi le fond de la contestation est l’exemption accordée à Fourney d’une garde à laquelle Matagrin l’a voulu assujetir, et la procédure a pour objet une opposition et un appel.
Par rapport à l’exemption, l’édit de révocation des privilèges, du mois d’août dernier, dispense d’en approfondir la question.
Par rapport à l’opposition et à l’appel, les circonstances du fait déterminent qu’indépendamment du fond de l’exemption, Matagrin qui n’a agi que par passion et sans intérêt, est également mal fondé dans l’appel comme dans l’opposition.
Au mois d’octobre 1704, Matagrin crut avoir sujet de se plaindre de Fourey à l’occasion de l’emprunt d’une partie de la marchandise que Matagrin avait voulu faire du beau-père de Fourey.
Les termes d’un billet qu’en écrivit Matagrin, le huit dudit mois, sont trop vifs et trop courts pour se dispenser de les rapporter:
“Vous avez, monsieur, un gendre qui est un grand imposteur, de dire qu’il vous a empêché de nous confier pour 4,000 livres de marchandises. Vous savez que nous vous en avons voulu donner 2,000 livres comptant en lettres, en septembre et en octobre: ainsi, c’est le contraire de ses impudents mensonges. Qu’il apprenne que nous n’avons pas besoin de votre secours. Nous sommes cependant, monsieur, vos très-humbles serviteurs, Les Frères et Veuve Matagrin.”
Ce billet, heureusement conservé et remis par le beau-père à son gendre, fait tout le dénouement de la pièce, et peut décider seul des deux chefs de l’instance.
Dans le temps même de ce billet, Monsieur Harouis donna ordre aux maire et échevins de la ville de Troyes d’établir, pour faciliter la perception d’un nouveau droit, une garde de six hommes à chaque porte de la ville.
Le ressentement de Matagrin était trop pressant pour ne pas tenter l’occasion. Il eut ordre de commander, trois différents jours, six hommes de sa compagnie, et trois différentes fois il comptait Fourey dans la liste de ces six hommes, ce qui fut suivi d’autant de condamnations: de trois livres d’amende contre Fourey, pour n’avoir point obéi au commandement de Matagrin.
Fourey, qui jusqu’à-là ne s’était point reconnu pour soldat de Matagrin, et que les soins de la police occupait continuellement à d’autres mouvements qu’à demeurer planté à une porte, se pourvu pardevant M. Harouis avec d’autant plus de raison qu’il s’agissait ordinairement de l’exécution de son ordre, et que d’ailleurs il était parfaitement instruit du détail de la police.
Voilà l’occasion de l’ordonnance que l’on a rapportée, et dont Matagrin, aveuglé par sa passion, eut la témérité de porter aussitôt l’appel à la Connétablie.
Il est forcé de reconnaître l’irrégularité de sa procédure et l’incompétence de la Connétablie, et il ne fonde son opposition que sur ce que l’arrêt du Conseil ne lui a, dit-il, point réservé la voie de l’appel. Mais c’est une double erreur de sa part, et en fait et en droit. En fait, parce que cette réserve se trouve écrite dans les conclusions mêmes de Fourey, insérée dans l’arrêt du Conseil. Et en droit, parce que toutes les voies de l’ordonnance sont des réserves de droit, et dont on n’a point besoin de s’expliquer par le dispositif des jugements.
Cette opposition cependant toute mauvaise, toute inutile qu’elle était, tient les parties en instance réglée depuis un très long temps, et ce n’est que depuis peu qu’on a pris le parti d’y joindre un relief d’appel, pour se mettre en état d’y prendre des conclusions.
Ainsi, indépendamment de cet appel, Matagrin ne peut absolument éviter les dépens de tout ce qui s’est fait jusqu’à l’ordonnance de jonction de ces lettres d’appel à l’instance d’opposition à l’arrêt du conseil.
Cet appel-même, dans la bouche de Matagrin, n’est pas de meilleur alloi. Il part, comme l’opposition, du fond de son ressentement. Ainsi, ce qu’il demande à cet egard au conseil est qu’il veuille autoriser son animosité et justifier sa haine, en approuvant par un arrêt, non seulement ce qu’elle a produit, mais ce qu’elle pouvait encore produire contre Fourey, qui ne la mérite point.
La grande règle des appellations est un intérêt légitime, un véritable et sensible grief: “si gravaris, appella.” Or Matagrin aurait bien de la peine à expliquer ici son intérêt, et en quoi l’ordonnance de Monsieur d’Harouis l’a blessé.
Il est capitaine d’une compagnie de milice bourgeoise, mais il lui est indifférent de qui elle est composée et sur qui doive tomber son commandement. Que sa Majesté, que les commissaires députés dans la province pour l’exécution de ses ordres trouvent à propos de dispenser Fourey d’autres soins que ceux dont il est journellement et presque continuellement occupé pour le maintien de la police, comme les sieurs lieutenant généraux, conseillers et autres officiers du présidial de Troyes l’ont attesté avec le procureur du roi, par un certificat produit en l’instance sous la date du seize de mai 1705.
Cela ne fait rien à Matagrin. Il reste, sans Fourey, un assez grand nombre d’hommes pour la compagnie de Matagrin, qui n’en veut à Fourey que parce qu’il croit qu’il s’est applaudi d’avoir empêché le père de sa femme de lui confier pour quatre mille francs de marchandises.
Voilà un excellent prétexte de haine et d’animosité – mais c’est un moyen également mauvais pour une opposition et pour un appel.
Les conclusions de Fourey tendent à ce qu’il plaise à sa Majesté, faisant droit en l’instance, de bouter ledit Matagrin de l’opposition à l’arrêt du conseil du neuf mars 1705, et le déclarer non recevable, ou en tout cas sans grief dans l’appel de l’ordonnance du seize octobre 1704, et le condamner en tous les dépens.
Monsieur Le Cocq, maître des requêtes, rapporteur. Me Gobbe, avocat.
Thursday, September 7, 2006 Pour les grand jours tenus à Troyes en Septembre 1583
Les grand jours se sont tenus en la ville de Troyes l’an 1535, au mois de septembre. L’on certifie que pendant les dits grands jours l’an 1535, il ne cessa de pleuvoir, pendant qu’ils furent à Troyes à la Saint Martin suivant.
Le 9e jour de septembre 1583, Messieurs des grands jours sont arrivés en la ville de Troyes, sur les quatre heures apres midi. Il fit huit jours de beau temps, mais depuis, la pluie continua sans cesser d’un jour ou deux continuels jusques au mois de janvier suivant.
Messieurs des dits grands jours coucherent à Saint-Lye le mercredi 7e jour de septembre et arriverent le jeudi ensuivant 8e jour, sur les quatre heures du soir.
Le président, qui présidait es dits grands jours, se nommait en son cognon Prevost, autrement Monsieur de Marsault, âgé de 65 ans; il n’avait point d’enfants. Sa femme était avec lui, qui était fort catholique.
Il était accompagné d’un maître des requêtes ordinaire de l’hôtel du roi, de quatorze conseillers de la court, à savoir douze conseillers lais et deux d’église, un avocat du roi, un substitut du procureur général du roi, les greffiers civls des présentations et criminel, un des quatre notaires de la cour, cinqs notaires et secrétaires, à savoir deux boursiers et deux gagers du nombre des six vingt, et ung des cinquante quatre, un audiencier et un controlleur pour le fait de la chancellerie et quatre huissiers.
Il y avait plusieurs avocats et procureurs qui étaient venus pour plaider aux dits grands jours, et le 15e jour de septembre s’est trouvé en la ville de Troyes six vingt procureurs et autant d’avocats.
Monsieur Eustache de Mesgrigny président et lieutenant du bailli en la ville de Troyes, Monsieurs David lieutenant criminel, Monsieurs Jacquot prévot de Troyes avec les conseillers du siege presidial et autres de la justice, les sergents et officiers du roi, le lieutenant des courtes robes allèrent au devant des dits grands jours et assez près dudit Saint-Lye, qui est un quart de lieue, où avaient couché Messieurs des grands jours.
Le lieutenant du bailli de Troyes pour ceux de la justice fit la harangue en francais audit président de Marsant, parmi les champs.
Pendant que cette harangue se faisait, Monsieur de Saint Phal, bailli de Troyes, survint à travers les terres accompagné de quatre hommes de cheval, qui salua le dit sieur de Marsant.
Messieurs les maire et échevin, conseillers de ville et grand nombre des bourgeois marchaient à cheval peu après la justice, et avaient parti à une heure après midi. Ils recontrèrent le dit sieur président de Marsant avec sa companie à demie lieue de Saint Lyé.
Le maire de la ville étant à cheval, sans descendre de son cheval, fit la harangue pour le corps de ville au dit sieur président Marsant. Puis après lui fit réponse.
Cela fait, toute l’assemblée de cheval d’une part et d’autre étant joints ensemble vinrent à la ville étant près des barrières du fauxbourg de Pouilly. Illec était arrêté Monsieur de Dinteville, lieutenant de notre
Note de M. JAQUOT:
On trouve dans les registres des déliberations municipales un récit relatif à la réception de Messieurs des Grands-Jours.
“…Le sieur de Mesgrigny fit sa harange et tôt après le sieur maire (Nicolas Le Be) et corps de ville en compagnie de bourgeois et autres d’environ six-vingt chevaux, lesquels sergents de ville vêtus de leurs robes de couleur, montés sur quatre chevaux marchant devant le dit maire et échevins, en troupe arrivèrent assez près du lieu où le sieur péesident de Mesgrigny avait fait sa harangue, et à l’instant Monseigneur le bailli dudit Troyes, venu en poste pour précéder le sieur maire et devancer d’environ trente passées, où le dit sieur bailli fit sa harangue et, ça fait, les trompettes de la dite ville sonnèrent, signifiant l’arrivée du corps de ville, et s’approchant, le sieur maire étant à cheval, fit en parole sa harangue.”
Les échevins étaient: Jean Jacquinot, Michel Girardin, Hierosme Girardin, Adam Le Noble, et Jean Hennequin.
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gouverneur accompagné de plusieurs gentilshommes, qui salua le dit sieur président avec une bien courte harangue.
Puis après mondit sieur de Dinteville, Monsieur de Saint Phal notre bailli, avec toute l’assemblée de la ville tant de la justice que des marchands et autres étant tous joints par ensemble, accompagnèrent le dit sieur président de Marsant et ceux de sa compagnie jusques au cloître Saint Etienne, où était pris le logis du dit sieur président chez Monsieur Desrieux le chanoine.
Tous les autres conseillers leurs logis étaient aux plus beaux lieux des chanoines du cloître de Saint Pierre et Saint Etienne avec les plus fameux avocats et procureurs, et les autres se logèrent en des maison bourgeoises proches du palais, en payant leurs chambres et vivres.
Le lendemain matin, se célébra en l’église Saint Etienne de Troyes, à l’heure de sept heures du matin, une haute messe fort solennelle de Saint Esprit avec la musique.
L’abbé de Clairvaux, nomme Le Mire, chanta la messe.
Le président Marsant était assis aux hautes chaires en la place où se met le doyen, et les quatorze conseillers, avocat du roi et substitut du procureur du roi aux hautes chaires, deux chaires après Monsieur de Marsant.
Il n’y avait ni doyen ni chanoine assis aux dites hautes chaires.
De l’autre côté des hautes chaires était assis Monsieur de Dinteville en la première chaire avec trois gentilshommes.
Messieurs de la justice étaient assis à côté droit du grand autel sur des formes.
Messieurs de la ville, maire, echevins et conseillers seulement étaient assis d’autre côté du grand autel sur des formes.
La femme dudit sieur président avec quelques autres damoiselles étaient agenouillées sur des oreillers près du grand autel.
L’ordre pour aller à l’offrande fut tel: Monsieur le président de Marsant alla le premier et semonda M. de Dinteville pour aller après lui; ce qu’il fit. Puis après le maître des requêtes et les 14 conseillers, avocat et procureur du roi desdits grands jours et ne fut autres à l’offrande.
Il fut apporté à Messieurs de la justice, aux maire, echevins et conseillers de ville, à chacun, une chandelle de cire, et toutefois ne furent à l’offrande.
La messe chantée par Monsieur de Clairvaux, abbé, il alla prendre ledit sieur président par la main et le mena au palais, accompagné de Monsieur de Dinteville et les conseillers des grands jours.
Ledit sieur président, conseillers, avocat et procureur du roi étaient vêtus de leurs robes d’escarlatte rouge et ne les mirent depuis, sinon le président qui mettait la sienne les matins seulement, et le premier jour avait mis son diadème sur sa tête, et le premier huissier qui marchait devant lui en avait un diadème.
Ledit sieur président le premier jour fit faire le serment aux avocats et procureurs ainsi qu’ils ont accoutumé de faire tous les ans le jour Saint Martin à Paris.
L’avocat du roi fit la harangue, allégant les raisons pourquoi les grands jours sont envoyés et les moyens que doivent tenir les sujets des grands seigneurs pour dire leurs plaintes.
Puis après, ledit sieur président fit une harangue quasi moitié latin et pleine de belles sentences, remontrant aux avocats et procureurs comment ils se doivent comporter en leurs charges. A savoir aux avocats qu’ils ne se doivent pas tant étudier à bien dire pour se montrer éloquents avocats, comme ils doivent rejetter les causes injustes et épouser les justes et droites; et aux procureurs qu’ils doivent être solliciteux de leurs parties à cette fin de ne les laisser surprendre en défaut, ainsi qu’il advient souvent dont les parties succombent en grands frais. Que s’ils connaissaient ci-après telle faute advenir par leurs négligences, ils les condammeraient en leurs propre et privé nom aux dommages et intérêts es quels pourraient succomber leurs parties.
Les noms de quatorze conseillers, avocat, procureur du roi et greffiers…
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Note:
Le manuscrit ne contient pas ces noms. Nous savons que M. Nicolas Fourgonne, principal commis au greffe civil de la cour de parlement à Paris, était venu aux grands jours avec sa femme Marie Remy. Ils étaient cousins de Nicolas Daré. Marie Remy fut marraine avec lui de son petit fils Nicolas Hue, 6e enfant de Nicolas Hue et d’Anne Dare, né et baptisé le 22e jour de décembre 1583.
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Le lundi 12e septembre 1583 l’on commenca à plaider. Monsieur de Dinteville se trouva au siège assis proche du sieur président de Marsant.
L’évêque de Troyes, Monsieur de Beauffremont, étant arrive le jour précédent se trouva au siège, et n’y était lors le sieur de Dinteville. Mondit sieur l’évêque était assis proche dudit sieur président à main droite.
Lesdits grands jours ne doivent durer que jusques au 16e jour du mois de novembre suivant. Toutefois ils furent continués par mandement du roi jusques au premier jour de l’an.
Les avocats et procureurs de cette ville de Troyes ne plaidaient aucunement durant lesdits grands jours,
(Suivent trois feuillets laissés en blanc.)
1584. Le 17e du mois d’avril 1584. feu la femme de Monsieur de Saint Phal, bailli de Troyes, fut amenée morte de Paris en l’église Saint Antoine.
Messieurs de la justice, juges et conseillers marchaient les premiers pour aller prendre le corps en l’église Saint Antoine, pour le conduire en l’église Saint Etienne. Messieurs de la ville, maire, échevins et conseillers de ville et aucuns bourgeois de la ville suivaient après.
Il y avait cent torches et cent pauvres qui avaient chacun une aune de Paris de drap noir dont étaient affublés, à savoir cinquante pauvres enfants de Saint Phal et cinquante enfants de Troyes.
Il y eut mutinerie entre les chanoines de Saint Pierre et Saint Etienne pour lever le corps et de fait s’entrebattèrent. Toutefois la justice qui était là présent ordonna par provision et sans préjudicier au droit des chanoines de Saint Pierre que ceux de Saint Etienne, à savoir le doyen, lèverait le corps, d’autant qu’ils avaient prévenu et aussi que la volonté de la défunte était telle que son corps fut levé et presenté par le doyen de Saint Etienne en la dite église.
Les avocats ne s’y trouvèrent point audit convoi, d’autant qu’ils voulaient marcher après la justice et devant les maire, échevins et conseillers de ville, ce que maire ne voulut accorder.
1584
Le 9e jour de mai, 1584, pendant le Sane, Monsieur de Beauffremont, évêque de Troyes, fit faire une procession générale en laquelle furent portés les chasses de Saint Pierre, Saint Etienne et Saint Loup. Tous les prêtres qui étaient venus au sane, tant curés que doyens, et tous ceux de la ville assistèrent à la dite procession. Ils étaient des prêtres de dehors trois cents et de la ville, environ deux cents compris les chanoines.
Les messieurs de la justice, les maire et échevins et conseillers de ville suivaient la dite processsion avec plusieurs habitants de la ville, tant hommes que femmes.
C’etait un jour ouvrier. Les boutiques furent fermées jusques à midi. Il y a trente cinq ans que l’on n’en avait fait une semblable procession.
Mon neveu Jacques Grillot, au mois de mars 1584, qui était alle à Grenoble six mois auparavant pour se rendre Chartreux, fit son testament qu’il envoya à sa mére et laissa à l’église de Bar-sur-Seine cent livres dont sa mère en acheta deux chandeliers d’argent et une nace d’argent. Il laissa aussi à ma soeur Marthe, religieuse au Pont-à-Mousson, six écus et aux cappettes de Montaigu du collège de Paris, dix écus. C’est où il avait étudié, et à nièce Grillot, petite fille de Bastian Sannetier, cent écus, et tout le reste de son bien à ma soeur Claude Daré, sa mere.
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Note:
Fils de Jean Grillot, marchand, demeurant à Bar-sur-Seine, qui avait épousé le 26 janvier 1544, Claude Daré, soeur aînée de Nicolas, née le 30 mars 1528.
Jeanne Daré, troisième enfant de Guillaume Daré, née le jour des rois 1533, entrée au couvent de Pont-à-Mousson, le 7 septembre 1546, sous le nom de Marthe.
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En cette année 1584, à commencer depuis le mois de janvier, le blé fut cher jusques en mai et valut 19 lt le septier, fromant; le seigle 15 lt, l’avoine 8 lt, l’orge 10 lt. Il commence à s’amander audit mois de mai.
En février 1584, je fis planter en notre jardin toutes les entes qui y sont de présent, fit le parterre, planter la vigne. Ce n’était auparavant qu’un pré. Il a coûté à édifier ainsi sept vingt livres tournois.
Je fit bâtir la maison qui est en mon dit jardin et m’a coûté, compris la sceu a porcs, la somme de 960 livres tournois.
(La phrase suivante fut écrite quelques années plus tard, et insérée ici au texte:)
Le lendemain de Pasques 1590, je fus contraint de faire abattre la maison, couper tout les arbres, entes, saussées et haies, ensemble tout le bois dudit jardin par commandement qui fut fait par Monsieur de Saint-Paul, lieutenant général de notre gouverneur, de tout abattre à trois cents passes de murailles, et les sausées à cinq cents passes.
Le prince d’Orange a ete tué en la première semaine du mois de juillet 1584, d’un coup de pistolet par un homme Wallon en lui présentant des lettres et était un messager duquel il se servait assez souvent.
Le dit Wallan fut pris sur le champ et envoyé en Anvers, eut la main brulée à petit feu, la langue coupée premièrement de peur qu’il ne blasphemât, puis tenaillé avec fers chauds, puis tiré à quatre chevaux, et n’étant encore mort, fut mis en quatre quartiers.
Je suis élu en la chambre de ville receveur des deniers pour survenir aux malades pestiférés, le 2e jour d’août 1584, avec les commissaires pour survenir aux affaires, à savoir Monsieur le lieutenant-criminel David, Monsieur Janeau notaire et Millan Pépin marchand.
Nous avons exercé cette charge par l’espace de (blanc)
Au mois d’octobre 1584 le roi a fait constituer plusieurs trésoriers prisonniers et plusieurs grands personnages de son conseil comme le garde des sceaux Chieverny, Faure et autres. Aucuns s’en sont absentés, Comme Monsieur Millon et autres, qui étaient des finances. L’occasion pourquoi se saura ci-après, le bruit commun était qu’ils avaient dérobé le roi.
La peste a été grande à Paris en ce temps-là et a été jusques en la court du roi où y a eu aucunes des damoiselles de la reine mortes.
Il est bruit que Monsieur Poille, conseiller, qui était bnani a laissé amples mémoires au roi contre ceux de la cour de parlement qui ont malversé en la justice.
L’on a vendangé au mois de septembre 1584, le 19e, à Laines-aux-bois, et il y a eu autant de vins que l’on avait fait il y a huit ans. Ils ont été petits partout, à cause des pluies qui sont survenues durant les dites vendanges; toutefois au vignoble de Bouilly, Souligny, et Laines-aux-Bois, ont vendangé devant les pluies et s’il ont été assez petis. La queue de vin de Bouilly et de Laines-aux-Bois
Et Souligny valait en l’étappe 12 lt, 13 lt et 14 lt au plus.
Décembre 1584
Le roi a fait un édit le 1584, par lequel il en révoque et supprime plusieurs qui étaient près à publier et aucuns qui étaient publiés.
Le 4e jour de décembre, veille Saint Nicolas, sur une heure après midi se leva un vent fort impétueux, lequel dura jusques à quatre heures et fit dommage en la ville tel que jamais l’on avait vu.
Il fit trembler les plus fortes chemines, abatti des torneles, et qui est un très grand dommage, il rompit et abattit la Belle Croix et n’y resta que de la hauteur d’un homme. Il n’y eut quasi maison qui ne fut endommagée dudit vent, en sorte que l’on vendait 10 sous le millier de tuiles.
Pour la justice des consuls
Les juges consuls en la ville de Troyes ont été premièrement élus en juin 1564, la dernière fête de Pentecôte. Le juge était Cristofle Angenoust, le premier consul Jehan Mauroy, le second Jehan Gombault.
L’élection des juges se fait toujours le dernier jour des fêtes de Pentecôte, qui est le jour Saint Esprit, au retour d’une grande messe de Saint Esprit qui se chante en l’église Saint Jehan.
Monsieur le maire avec les echevins et conseilers de ville, y assistent et marchent les premiers.
Il faut nécessairement (et à peine de nullité de l’élection) qu’il y ait cinquanté marchands nommés (non compris les maire et echevins de ville.)
Les juge faisaient prêter le serment à cinquante marchands pour en élire des cinquante, vingt cinq; pour par ces vingt cinq marchands étre élu un juge, un premier consul et un second consul.
Les cinquante marchands pour donner voix pour élire les 25 marchands se peuvent mettre six ou huit ensemble pour donner voix, mais les 25 marchands élus, faut qu’ils donnent, particulièrement et l’un après l’autre, voix pour élire le juge et deux consuls avec un syndique pour la dite justice.
Celui qui est élu juge fait à ses dépens un dîné le jour qu’il est installé (qui est le premier jour plaidoyable de mardi ou vendredi du mois de juillet) aux maire, échevins, juge et consuls anciens et nouveaux.
Les maire et échevins qui sont là présents ne donnent point de voix pour élire, et sont seulement les conseillers de ville qui sont marchands.
Ceux qui sont juge et consuls n’ouvrent point leurs boutiques jusques après que l’élection est faite, et de même se fait le jour que les nouveaux juges sont installés.
La dite justice des consuls fut ordonnée par édit du roi Charles, 9e roi de France de ce nom, le dernier jour de novembre 1562.
Le 28e jour de janvier 1563 le feu se prit en l’arsenal de Paris et il y eut cinquante maisons abattues de l’étonnement des poudres, et plusieurs habitants demeurants endites maisons tuées.
L’an 1566 à Paris la femme d’un aide à masson
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accoucha de cinq enfants mâles et femelles dont y avait quatre vivants et un mort. Ils moururent quelque temps après qu’ils furent baptisés.
1567
Le 14e jour de décembre 1567 fut fait monstre générale au Pré-aux-clercs, des habitants de Paris en armes et fut estimé le nombre de trente milles hommes.
Il y a à Paris capitaine, lieutenant, porte-enseigne, corporaux et sergents de compagnie, en chacune dizaine seize centeniers et seize quartiniers, lesquels demeurent en cette charge leur vie durant.
En la ville de Troyes, les capitaines, lieutenants et enseignes, sergents et maîtres de fer et sousmaîtres ne sont élus que pour un temps.
Il y a dans la ville quatre quartiers et en chacun quartier 16 gardes et 16 dizaines, et en chacune garde 30 hommes de fer, et 60 hommes en la dizaine, ou plus.
Le 27e mai 1584 étant echevin, je fit état, avec mes compagnons des gardes et dizaines; au quartier du Belfroy se trouve de chefs d’hotel, non compris les serviteurs et étrangers artisans, 34 hommes en chacune garde et autant en la dizaine. Au quartier de Croncels, Comporte et Saint Jacques, ne se trouvent que 24 hommmes de fer en chacune garde et 68 de dizaine. En sorte qu’il se peut trouver dedans la ville de chefs d’hôtel portant armes cinq milles hommes, non compris les pauvres qui ne sont sur les dizaines, qui se trouveront environ trois milles hommes.
Il y a sur la muraille, de nuit et y compris les corps de garde de la ville, qui sont de nuit, cinq cent hommes depuis le soir jusques à minuit et autant de relevée.
Par le mandement du roi fait en juin 1584, les gardes de fer et de dizaine ont été redigés en huit compagnies, à savoir deux gardes de fer et deux dizaines pour une compagnie, et y avait capitaine, lieutenant et enseigne; corporaux et appointés en chacune compagnie.
Chacune compagnie peut avoir 240 personnes tant de fer que de dizaine.
1585
Le vendredi 15e mars fut envoyé un paquet de la part du roi aux habitants pour faire bonne garde en la ville de Troyes et qu’il y avait entreprise pour surprendre la ville.
Le dimanche suivant, 17e mars, commission nous fut donnée à sire Francois Dollet et moi, pour aller par les hotelleries pour savoir et connaître les noms des hôtes et leurs qualités, et aussi pour faire le département pour faire mettre des lanternes en notre quartier du Belfroy, de quatre maisons en quatre maisons ou plus ou moins, selon la commodité, et en avons dressés un état.
La dite commission porte aussi pour faire commandement de mettre de l’eau devant les maisons et faire ôter les fumiers devant les rues.
Le jeudi 21e du dit mois, Monsieur Saget apporta nouvelles à l’heure de minuit qu’en la ville de Chalons, Monsieur de Guise (de laquelle il était le gouverneur) y était le plus fort et porta ses nouvelles au roi étant à Paris, et pour signe de vérité Monseigneur de Dinteville lui bailla son diamant pour montrer à sa majesté.
Le roi commanda derechef faire bonne garde la dite ville et qu’il la donnait en garde aux habitants, et n’entendait que l’on y mit garnison.
La garde de la ville tant de jour que de nuit fut faite bien étroitement.
Depuis le 26e mars jusques au 6e avril, nouvelles vinrent que Monsieur de Guise avec Messieurs ses frères et alliés s’étaient rendus les plus forts en plusieurs villes comme Valence, Dine, Orléans, Angers, Le Havre et autres où ils avaient le gouvernement.
Le quartier de Comporte et Saint Jacques firent leurs monstres le mardi ensuivant et étaient environ dix huit cent hommes. Le quartier de Comporte se trouva bien armé.
L’on commença depuis le 24e mars jusqu’au 20e août 1585 à fortifier la ville et réparer ce qui était démoli, comme au boulevard de Lisle, et à la rupture des murailles et autres endroits, et a été fait taillé pour payer les frais qui montent à 4,000 ecus.
Monsieur le Cardinal de Bourbon fit déclaration à Péronne le 15e mars 1584 des causes qui l’ont avec les autres seigneurs et pairs de France invité de prendre les armes.
La déclaration du roi fut faite et publiée au palais, le dit roi séant, le 18e juillet, comme il ne voulait plus qu’une religion catholique, apostolique et romaine et avouait tout ce que avait été fait par Messieurs de Bourbon, de Guise et autres.
(Sonnet fait en mars 1584.) -- (Biffé)
Le dimanche 24e jour de septembre, les eaux se sont trouvées être aussi grandes que jamais homme de sa connaissance les aie vues, même ne se sont trouvées si grandes en hiver. Cela est provenu par la continuation des pluies.
Une grande partie des bons vins ont été cuids et piqués.
La vendange a commence a Laines-aux-Bois et Bouilly le jour Saint Denis, 10e jour d’octobre 1584, et y avait fort peu aux vignes et bien petits vins.
Le roi fit une declaration sur son edit du 18 juillet 1584, qui fut publie au palais le 16e octobre 1584.
1584
Le surlendemain de Pasques, 23e avril 1584, je fus elu echevin avec M. le president de Villeprouvee, Monsieur Derrey nomme Edme le Gras, et le cousin Joseph Gombault.
Pour lors etait maire de la ville Monsieur Vincent Nevelet.
Notes:
M. Louis de Villeprouvee, conseiller du roi, president en l’election de Troyes, echevin, seigneur de Barre, etait fils de Claude de Villeprouvee, conseiller du roi au bailliage et siege presidial de Troyes et de Marguerite Boucher, ne le 14 aout 1551 a Troyes; il epousa le 7 mars 1576 Anne Angenoust, fille de Christophe Angenoust et de Colette de Chantole. Il a eu six enfants. Le cinquieme, Anne, epousa Pierre Ludot, elu en l’election de Troyes.
Son pere Pierre, conseiller au presidial de Troyes, fut nomme echevin par le roi en 1587. Il est mort en 1624. Il eut de Marie Camusat deux filles dont l’une, Anne, epousa M. Louis d’Autruy, controleur au grenier a sel et la seconde Barbe-Louis Guillaume, seigneur de Chavaudon.
Edme Le Gras, sieur de Derrey.
Vincent Nevelet, maire de Troyes en 1584, etait fils d’un autre Vincent Nevelet, seigneur de Dosche, et de Jehanne de Mesgrigny. De son mariage avec Edmee Angenoust il eut une fille Catherine qui entra a l’Abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes en 1589, et un fils, nomme comme lui Vincent, qui fut conseiller au parlement de Paris, et dont il existe un beau portrait. Ce dernier fit differentes fondations pieuses en faveur de la ville de Troyes. (Courtalon, T. III, p.54 et 55.)
Le maire Nevelet appartenait a une famille des plus devouees dans notre ville au protestantisme. Les Nevelet etaient allies aux Pithou. Pierre Nevelet, neveu du maire, fut oblige de se refugier en Suisse. On a de lui differents ecrits, notamment des poemes latins. (Notes de M. Jacquot.)
Nevelet et Bazin, tous deux echevins, representerent la ville de Troyes a l’Assemblee des notables convoquee par Henri IV en 1596. (Boutiot, Lettres missives de Henri IV.)
Les anciens echevins etaient le greffier Boucherat, Nicolas Hennequin fils de Francois, Nicolas Jaquot et Monsieur Claude Nortas, sieur de Vireloux.
Monsieur de Dinteville, lieutenant et gouverneur de la ville en l’absense de Monsieur le duc de Guise.
La Belle Croix fut remise et parachevee de redresser, le vendredi jour Saint Nicolas, 6e jour de decembre 1585, (qui fut a tel jour que le grand vent l’avait abattue) et le dimance suivant, les processions generales furent faites et les reliques posees par M. Format, chantre et chanoine de la grande eglise Saint Pierre, au plus haut de la croix sur la couronne de l’image de la Vierge Marie.
Un chanoine de Saint Etienne, nomme Antoine Bessart, qui a ete aumonier du roi, donna un peu de la vraie Croix, un peu de la couronne d’epines et un peu du rosos de Notre Seigneur, lesquels furent benis par le ministre de la Trinite de Troyes, et iceux mis en une boite de cristal, envelopes d’un taffetas et encore mis en une autre boite de cuivre, avec les anciens reliques qui avaient ete mis par les anciens.
Icelui chanoine avait eu les dites saints reliques du Roi Henri, Roi de France et de Pologne, etant son aumonier.
Abjuration et profession de foi faite par ceux de la nouvelle religion quand ils se sont retournes au diocese de Rouen en octobre 1585:
Je sousigne…. Demeurant en la paroisse de … doyenne du diocese de Rouen, confesse la vraie, catholique et apostolique foi, anathematise, deteste et abjure toutes erreurs et heresies au contraire, specialement toutes les erreurs, heresies et fausse doctrine de la pretendue nouvelle religion auxquelles ai par ci-devant adhere et d’icelle ai ete sectateur, proteste de coeur et de bouche vivre et mourir en la foi et religion catholique, apostolique et romaine et des saints conciles catholiques, recois et tiens tous ce qu’elle tient et approuve les sept saints sacrements; crois aussi que la doctrine qui est enseignee en la dite eglise est la vraie doctrine, rejettes tout ce que reprouve la dite eglise, confesse ceux qui sentiront ou dogmatiseront au contraire, etre dignes des peines ordonnees de droit contre les heretiques. Auxquelles je me soumets pour etre puni au cas que sois contrevenant en aucune maniere a cette presente abjuration et profession de foi. En signe de quoi ai jure et signe les presentes de mon propre seign ce …. d’octobre 1585.
L’abjuration et profession qu’on fait ceux de Troyes est beaucoup plus longue et s’est quasi de catecisme.
Le pape excommunia le Roi de Navarre, le prince de Conde avec tous ceux qui leur portent faveur et aide, le 20e jour de septembre 1584 et le dit pape se nomme Sixte Ve de ce nom, etant assiste de vingt cinq cardinaux.
1585
Pendant mon temps d’echevin il est survenu de grandes affaires plus que jamais l’on avait vu, savoir:
Les troubles et remuements d’armes faits par Monseigneur le duc de Guise, le cardinal de Bourbon et les princes ligues.
Les compagnies de Monsieur de Dinteville qu’il pensait (et en fit tout son devoir) mettre en garmison en notre ville et la plus grande part etaient de la religion nouvelle, a quoi Monsieur le Maire, echevins et conseillers de ville ont prudemment resiste et empeche. Le dit sieur de Dinteville pouvait avoir environ trois mille hommes.
Les quatres capitaines des quatre quartiers furent changes, et en leur place fut elu par le commandement du roi huit capitaines pour chacun quartier, en sorte qu’il y avait trente deux capitaines, lesquels avaient chacun une companie de deux cents hommes bien armes, et les moindres compagnies etaient de 160 hommes. Ce reglement fut fort difficile a executer. Il y avait tous les jours en garde de nuit quatre compagnies du soir et autant de releves et de jour, n’ayant que deux portes ouvertes, une compagnie a chacune porte et deux compagines faisant corps de garde par la ville, savoir 12 compagnies, qui monte a 2,500 personnes tant le jour que la nuit.
Auparavant le dit reglement, nous avions fait 400 soldats tant des champs que de la ville, que nous payions et nourissions en nos maisons. Ils firent service un mois seulement. Ils devenaient insolents, en sorte qu’ils furent licencies, et les trente deux compagnies ci-dessus faites.
Le maire, echevins et conseillers de ville etaient tous occupes, et les bourgeois aussi, tant pour faire travailler aux fortifications de la ville, que pour la garde de la ville.
Ces troubles commencerent en mars 1585 et un peu apaises par l’edit du roi au mois de juillet 1585, par lequel edit le Roi de France avoue tout ce qui a ete fait par Monseigneur de Guise et les princes ligues
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Nicolas Dare, Testament
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qui tendaient a ce but d’extirper la nouvelle religion.
Pendant les dits troubles n’y avait aucuns exempts; les juges et tous autres marchaient en personne sous leurs capitaines.
Les quatre compagnies s’assemblaient devant la maison du maire pour aller en garde sur la muraille, et se faisait quatre bulletins que l’on mettait dans le chappeau, et se tirait au sort.
Les quatres fauxbourgs faisaient fort bonne garde tant de jour que de nuit et se défendirent fort bien de quelques compagnies que Monsieur de Dinteville pensait mettre aux fauxbourgs de Sainte Savine et et de Croncels pour l’aide et faveur que leur portait le maire et habitants de la ville.
Il fut commandé de faire abattre tous les murs des jardins regardant les fosses et les grands arbres des jardins. Monsieur de Dinteville en personne assisté de Monsieur le président fit en sa présence abattre plusieurs murs et quelques arbres. Mais cela ne continua et Messieurs de la ville firent leur devoir de détourner cette entreprise qui fut une bonne oeuvre.
Le blé fut fort cher, et fus élu pour donner les passeports seulement a ceux de la banlieu et trois lieux par dela, et n’était permis d’en emporter plus d’un bichet au plus a chacun. Cela me donna grande peine. Il s’en emporta pour un jour la quantité de seize muids par boisseaux et bichets, et pour un mardi en fut tiré par boisseaux dix muids.
Monsieur de Saint Phal, bailli de notre ville, voulait que, en l’absense de Monsieur de Dinteville, l’on prit le mot du guet de lui, ce que le maire ne trouva par le conseil de la ville qu’il se dut faire, dont il fut tres malcontent.
Le roi nous demanda a faire un magasin de blé et de vin qui montait a 3,500 écus et en fumes fut pressés. Toutefois avons tant fait que nous en avons échappé sans en donner aucune chose.
Les noms d’aucuns capitaines qui étaient au regiment de Monsieur de Dinteville qui pensaient entrer en garnison en la ville:
Monsieur de Meuzes lieutenant de la compagnie de mondit sieur de Dinteville; M. de Torteron; M. de La Haye; Le capitaine Bezansson; M. Dabouville; M. de Marolles; M. de Pontville; M. Anne Monisson; M. de Saint Mars; M. Darpentelles; M. de Beaupre le jeune; M. de Beaupre l’aine; M. de Vauchonvilliers; le capitaine Aigrement; le capitaine Lestragne; le capitaine Trutal; le capitaine Lerable, dit Malliot.
1586
Le mardi surlendemain de Pasques avril 1586, les quatre nouveaux echevins furent élus savoir: Jacques Angenoust, Claude d’Autruy, Jehan Fauves et Nicolas Hennequin, pour lors capitaine de la huitieme compagnie de Comporte et capitaine des harquebusiers.
Note:
Sans doute Jacques Angenoust, trésorier des poudres et salpetres en Champagne et en Brie, pere de Nicolas et de Jean, qui épouserent deux des petites filles de Nicolas Dare, Marguerite et Marie Dare.
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Le conseil de la ville fut d’avis que le dit Hennequin se désisterait de ses deux états et les remettrait entre les mains des maire et echevins, premier que de faire le serment d’echevin, ce qu’il ne voulut faire et en fut plaidé, et la cause renvoyée au conseil prive du roi.
Enfin le dit Hennequin vint prier les maire et echevins pour etre recu a faire le serment, et qu’il était pret a se désister desdites deux charges; a quoi il fut recu et fit le serment d’echevin le lundi 5 mai 21586.
Monsieur Angenoust plaida pour la séance qu’il demandait au dessus de Fauves, disant qu’il était élu et juge parquoi devait avoir la séance devant Fauves, combien que le dit Fauves fut le plus ancien.
Angenoust fut condamné par le Conseil de la Chambre qu’il aurait la séance apres Fauves, d’autant que les statuts et ordonnances de la Chambre sont tels que les anciens d’age dovient etre en séance les premiers, encore que leurs compagnons soient juges ou autres qualités.
Le dit Angenoust en a appellé par devant le bailli de Troyes et l’a gagné par devant le dit bailli.
Je fus élu avec Odard Perricart pour le corps de ville pour assister a faire la cotte en argent de l’aumone generale, qui était en pain auparavant, et fut arreté la cotte au mois de juin 1586. Pour la justice, le conseiller Bally et le conseiller Gothier; pour les quatre quartiers, Odart d’Origny, Michel Girardin, Jehan Lescot et (blanc) avec les proviseurs de la dite aumone.
L’hiver a ete fort long et a dure jusques au 4e jour de mai. Les vannes etaient debordes tout le long dudit hiver, jusques aux mois de mai et juin. Le ble fort cher valait 32 livres tournois le septier de froment, 22 livres tournois le seigle, 16 livres tournois l’orge et 7 livres tournois l’avoine.
Nous avons achete environ cinquante muids de ble a Chalons pour survenir a la necessite de la ville, ou la ville a gagne trois cent ecus et plus, et si en faisait toujours meilleur marche de deux sous pour boisseau que les autres, ce qui a ete cause qu’il n’a pas encheri jusques a la moisson.
Le maire et echevins firent defenses de ne transporter plus d’un boisseau ou un bichet de ble a chacune personne, et d’en laisser sortir qu’a nos voisins, jusques a six lieues, et leur fallait a chacun un passeport.
Je fus elu pour donner les passeports pour deux mois, et se trouve avoir sorti pour un samedi 16 muids de ble, bichet a bichet.
Il en pouvait sortir par semaine cinquante muids.
1586
Ma femme fut fort malade et commenca son mal le 14 de mars 1586, d’un rhume et une fievre continus. Sa maladie a dure cinq semaines. Elle fut abandonne de trois medecins et les chandelles apareillees pour lui donner l’extreme onction. Les prieres des gens de bien lui ont beaucoup servi a recouvrer sa sante.
Le roi manda a Messieurs les maire et echevins qu’il voulait qu’au jour Saint Barnabe, 10 juin, que l’on devait elire un maire nouveau au lieu du sieur Pierre Nevelet maire, qu’il fut procede a la nomination de quatre personnes pour iceux etre envoyes les noms et surnoms par devers sa Majeste, a cette fin de choisir par lui lequel que bon lui semblera.
C’etait pour oter les brigues illicites qui se preparaient pour un maire nouveau, ainsi que l’on avait fait aux echevins a Pasques.
Les quatre qui ont eu le plus de voix du peuple, c’est:
Monsieur le maire Nevelet pour etre continue. 67 voix
Monsieur de Hault, receveur des decimes… 110 voix
Le Pere Jehan Le Cornuat (biffe)….
Monsieur de Villechetif, D’Aubeterre……
Le Sire Nicolas le Marguenat……..
Le roi a ecrit lettres a Messieurs de la ville et habitants que des quatre elus par le peuple il nommait Monsieur de Villechetif nomme Jehan D’Aubeterre pour maire, lequel s’en est fort excuse et a absente la ville un mois durant. Il a fait le serment de maire par devant Monsieur le president le 8e jour de juillet 1586.
Notes:
Nicolas de Hault, dit Goblet, natif de Sommevoire, fut les second titulaire de la charge de receveur des decimes, erigee en office par le roi en aout 1573. Le premier qui l’acheta fut Claude Clerey, sieur de la Grande-Fouchere.
Jean d’Aubeterre, sieur de Villechetif, fut controleur des finances de Champagne. Il vivait encore en 1608. Il avait epouse Louise Angenoust en 1604.
Nota: --- Le dimanche 29e jour de juin, commenca une sedition devant le logis du dauphin contre deux jeunes hommes accompagnes de quatre huissiers et deux sergents, qui demandaient que le don fait en l’an 1580 a la reine de Navare, soeur du Roi de France, pour deux maitrises en chacun metier, et voulaient contraindre les metiers de payer pour chacune maitrise vingt quatre ecus sol. Ils precipiterent si fort leurs executions, comme du samedi firent les commandements de payer le lundi par emprisonnement de leurs personnes.
Le peuple commenca a s’emouvoir le dimanche a dix heures. Monsieur le prevot, procureur du roi, Monsieur
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De Villeprouvee et moi fumes au Logis du Dauphin ou etaient loges lesdits commissaires, leur remonstrer l’inconvenient qui pouvait avenir de ce qu’ils avaient assignes tous les metiers a ce dit jour de dimanche (qui etait un jour dangereux) et qu’ils devaient sortir de la ville et laisser l’un deux pour prendre les metiers l’un apres l’autre avec l’autorite du magistrat de la ville.
Nonobstant plusieurs autres remonstrances qu’ils leur furent faites par Monsieur le prevot comme ils demandaient une taxe excessive de 24 livres tournois qui avait ete donnee pour les 4 ecus, qu’ils avaient assigne cinq cent personnes a lundi, et avaient dit auxdits metiers que au cas qu’ils sejourneraient, ils feraient payer 8 ecus a chacun metier pour le sejour. Le peuple etait fort pauvre, a cause de la grande cherte des ble qui avait continue depuis un an. Les metiers ne trouvaient a travailler et plusieurs autres raisons. Lesdits commissaires ne voulurent rien entendre, et pour reponse disent qu’ils etaient bien avoues que si on les assailliait, ils se defendraient, montrant quelques pistoles et harquebuses qu’ils avaient sur la table. Au moyen de quoi nous nous sommes retires.
Le dimanche apres vespres, le peuple commence a s’assembler devant leur logis et sur les sept heures du soir y avait pres de huit cents personnes, tant hommes, femmes, qu’enfants, tous pauvres gens. Monsieur le prevot avec les echevins et conseillers y vinrent pour les faires retirer; ce qu’ils ne purent faire. Mais au contraire le peuple y accroissait, en sorte que le dit prevot et corps de ville furent contraints eux retirer et assembler des forces; et cependant la dite populace entrerent par force au dit logis. Les commissaires s’etaient caches dedans la cave, et un des huissiers fut trouve en l’etable, dedans le rastelier aux chevaux; le quel fut pris par le peuple et outrage a grands coups de batons; le
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quel pour sauver sa vie, pria qu’il ne fut tue et qu’il nommerait ceux-la qui les avaient fait venir et nomma Sanguin, Raguin et Borne. Le peuple commenca a le mener devant la maison de Raguin, ou l’huissier fut tue et la maison pillee et les papiers brules. Cependant les forces de la ville arriverent et chasserent tout ce peuple. Il etait minuit. La justice et echevins allerent au logis des commissaires pour les faire sortir hors la ville; et furent mis hors la ville par la porte de la Madeleine avec leurs chevaux, bien epouvantes qu’ils etaient, et furent conduits jusqu’au pavillon par le lieutenant Trutal et ses archers.
Il etait deux heures apres minuit, quand je me suis couche; et me suis leve a quatre heures du matin. Je fus averti par Bonjehan, sergent du quartier de Croncels, que le peuple se rassemblait pour aller piller la maison de Sanguin et Borne. De quoi averti, je me transporta chez Monsieur le prevot et procureur du roi, qui n’etaient leves, et les avertis de ce peuple qui se rassemblait pour y donner ordre. Je fais semondre des compagnies, lesquels je trouvais fort froids, disant qu’ils ne voulaient defendre les gabeleurs, en sorte que ces deux maisons de Sanguin et Borne furent pillees. Et cela fait, un pauvre tisserand qui n’avait vallant un double, se fit nommer chef pour conduire les seditieux et leur dit:
Il nous faut un capitaine; si voulez que je le sois, regardez que c’est que je porte sur mon epaule; c’est une fourche, nommes moi le capitaine La Fourche. Et conduisait plus d’enfants de 7 et 8 ans, que d’autres personnes, qui n’avaient que des pierres. Il se presente pour aller piller la maison de Monsieur Le Mairat et de
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Nicolas Marguenat, mais il trouva resistance des bourgeois de la rue et fut chasse. Il retourne par la rue du Cerf avec sa troupe et va devant la maison du capitaine Largentier, le quel ne fut defendu de ceux de sa
Notes:
Louis Le Mairat, seigneur de Droupt-Saint-Basle. Il fut nomme maire de Troyes en 1514 et continua jusqu’en 1518. Il epousa Louise Perricard, soeur de Nicolas Perricard, et Marie Mole. L’une de ses filles, Simone, epousa Eustache de Mesgrigny; son grand age et ses fonctions le dispenserent aupres du roi de se rendre a l’Assemblee des Notables convoquee par Henri IV en 1596 et ou l Tiers-Etat etait represente par les maires des principales villes. (Boutiot: Lettres Missives de Henri IV: Memoires de la Soc. Acad. de l’Aube.)
Nicolas Largentier revint frequemment devant le conseil dont il faisait partie, pour obtenir reparation du tort que l’emeute lui avait fait subir quant a son honneur et a sa fortune. Il pretendait qu’on vait excite le peuple contre lui en le faisant passer pour s’etre mele “de subsides et malletotes,” qu’on avait mit peu d’empressemen a la defendre. La discussion s’eleve jusqu’aux grands principes d’ordre naturel et social, et, a en juger par le resume qu’en a laisse le secretaire du conseil, elle a revetu la forme pompeuse des plus solennels discours.
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maison ni des voisins de la rue, en sorte que des buches
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de bois que l’on avait jette par les fenetres pour offenser les seditieux, ils en rompirent les portes et entrerent dedans et furent un quart d’heure a piller grande quantite d’harquebuses et autres meubles.
Il y avait en ladite maison picques, hallebardes, rondaches, mousquets et harquebuses pour armer cinq cent hommes et de la munition; chose tres dangereuse pour la ruine de toute la ville, etant proche d’une principale porte de la ville, ou il y avai le magasin des poudres du roi.
Incontinent, Monsieur le prevot, procureur du roi et l’ancien echevin, Monsieur de Villeprovee, arrivent devant la dite maison etant accompagnes de deux cent bourgeois armes qui chasserent et mirent en route toute cette populace. Deux seulement furent tues en la place et environ quatre-vingts de blesses, desquels en est mort deux jours apres environ trente personnes; et y avait beaucoup de ceux des villages et ne s’y est trouve au dit pillage un seul homme qui eut aucun moyen, si peu que ce soit, que un qui se nomme Martin Callevi, boulanger.
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Et a l’instant, heure de deux heures, Monsieur le prevot, procureur du roi et moi, avec la dite compagnie, fimes la ronde par toute la ville et rues, ou demeuraient ces pauvres gens, faisant visitation en leurs maisons, en sorte que la plupart des meubles furent reportes audit Largentier et furent pris environ trente deux prisonniers des seditieux.
Le tout fut apaise le dit jour.
Monseigneur de Dinteville etant a Vanlay, fut averti et arriva avec soixante gentilhommes le mardi ensuivant.
Le mercredi, je conduisais le guet a pied et a cheval pour la nuit et avais cent cinquante hommes de pied et quarante chevaux. Je fus averti par Monseigneur de Dinteville d’aller prendre le capitaine La Fourche chef des seditieux, ce que je fis et fut pris a l’heure de minuit avec sa femme, mis en prison, et le lendemain avec deux autres des auteurs de la sedition, furent pendus es prisons, a l’heure de minuit, et a l’heure meme menes a la justice hors la ville.
Quant aux autres prisonniers furent elargis et cinq seulement retenus, en attendant la volonte de sa majeste que c’est que l’on en ferait.
Les noms des commissaires qui sont cause de la sedition c’est M. Jehan Edmart, M. Jules de Champigny et M. Jehan Puget, se disant secretaires de la chambre du roi avec deux archers et deux huissiers et deux serviteurs.
Je fus depute avec le sire Miche Drouot pour aller trouver Monseigneur de Guise, pour l’en avertir, le quel etait a Nancy en Lorraine.
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Le Roi fut fort fache et irrite de ces nouvelles a cause qu’il y avait 27 edits qu’il voulait faire verifier a la cour, qui ne le furent tous, au moyen de cette sedition meme l’edit des procureurs de Paris n’eut lieu, et leur a remis la somme qu’il leur demandait.
Dieu par sa grace nous a bien preserves en cette sedition, s’etant empare d’une si forte maison et bien pleine d’armes que celle du capitaine Largentier, et ayant prit un si beau suject que de chasser les gabeleurs, comme aussi pour lors le maire n’etait en la ville et n’avait fait le serment et n’y avait que trois echevins pour le tout, savoir Monsieur de Villeprouvee qui representait la place du maire, Fauves et moi; les autres etaient aux champs pour les affaires de la ville.
L’on dit qu’ils menacaient treize bonnes maisons, savoir: Monsieur de Droup, Nicolas Marguenat, le capitaine Largentier, Lagrand Fouchere, le greffier de
p. 57 Friday, August 18, 2006 D'une famille protestante, attaché à Henri de Navarre depuis l'äge de onze ans, il suivit ce prince dans toutes ses guerres, se distingua par ses compétences d'ingénieur militaire et fut grièvement blessé à la bataille d'Ivry (1590).
Sage conseiller, il donna à Henri IV le conseil de devenir catholique, mais lui-même se refusa toujours à adjurer. Devenu fort riche grâce à son mariage avec Anne de Courtenay (1584), il se vit confier par Henri IV la direction des Finances dès 1596 et fut surintendant de fait dès 1598.
Il mena une politique d'économie et de remise en ordre, réduisit les tailles, supprima les charges inutiles, poursuivit partout les abus et les prodigalités, et réussit par sa gestion rigoureuse à faire rentrer dans les caisses de l'État de 12 à 13 millions de livres entre 1600 et 1610.
Pour relancer l'économie, il donna la liberté aux exportations de blé et de vin, abolit un grand nombre de péages, fit construire des ponts, des routes, des canaux (canal de Briare). Il encouragea surtout l'agriculture, soutint les efforts d'Olivier de Serres pour l'élevage des vers à soie et proclama que "labourage et pastourage sont les deux mamelles dont la France est alimentée".
Au titre de surintendant des Finances, Sully joignait ceux de grand maître de l'artillerie et des fortifications (1599), de grand voyer de France (1599), de gouverneur de la Bastille (1602), de surintendant des bâtiments, de capitaine héréditaire des eaux et rivières, de gouverneur du Poitou (1604). Henri IV créa pour lui en 1606 le duché-pairie de Sully.
Sa carrière politique se termina pratiquement avec l'assassinat d'Henri IV (1610). Membre du Conseil de Régence, il dut s'en retirer dès janvier 1616, abandonnant également ses charges de surintendant des Finances et de gouverneur de la Bastille.
Sous le règne de Louis XIII, il fit plusieurs tentatives pour ramener ses corréligionnaires à l'obéissance, ce qui lui valut d'être fait maréchal de France en 1634.
Sully a laissé des Mémoires rédigés sous une forme assez bizarre (il suppose que ses secrétaires lui racontent sa propre vie) et sous le titre: "Mémoires des sages et royales oeconomies d'estat, domestiques, politiques et militaires de Henry le Grand (1638-62); il s'y montre plein d'amertume à l'égard de ses contemporains et prête à Henri IV le "grand dessein" de la constitution d'une république chrétienne, englobant les divers États de l'Europe. Le Grand Mourre Tuesday, August 8, 2006 Le 24 décembre 1767, au terme d’une longue procédure criminelle engagée par ordre du roi depuis le 28 juillet 1760 (arrêt du conseil du roi du 28 juillet 1760 ), le piscénois Guillaume Darles de Chamberlain, ancien lieutenant-colonel d’infanterie, ancien ingénieur en chef des villes et citadelle de Montpellier, ancien chevalier de Saint-Louis, était condamné par contumace, à la fois à une amende de 6000 livres et à être pendu haut et court (sentence de la condamnation).
Aussi bien cette condamnation entérinait-elle une sanction disciplinaire prise à son égard dès le 29 février 1760 et par laquelle ce personnage avait été cassé puis chassé du corps des fortifications dans lequel il servait depuis plus de vingt cinq ans (bibliothèque de l’inspection du génie).
Guillaume Darles de Chamberlain n’a guère plus de quarante cinq ans lorsque débute l’affaire, puisqu’il est né à Pézenas le 10 décembre 1714, d’Antoine Darles de Chamberlain et de Claire de Mongenel. Ses parrain et marraine furent son grand-père Guillaume Darles et sa tante maternelle, épouse de Jean, Étienne de Reyné. Il ne descend pas comme il voudrait le faire croire de la noble famille provençale des barons d’Arlatan (il prend le titre de baron d’Arlatan dans toutes ses lettres écrites en exil), mais il n’en est pas moins de bonne et vieille bourgeoisie languedocienne.
Sa famille paternelle est en grande partie originaire de Montpellier où elle est connue depuis fort longtemps : arrières grand-oncles gouverneur de Maguelone ou professeurs en la faculté de médecine, grand-père garde des archives de la province de Languedoc, père ingénieur en chef de Carcassonne après avoir été quelque temps receveur des tailles du diocèse de Lodève. Au total une bourgeoisie active.
La carrière de Guillaume n’a guère souffert de difficultés, au moins au départ. Ingénieur ordinaire à vingt ans, lieutenant réformé à vingt cinq, capitaine en 1741, il a longtemps servi dans les trois évêchés. Après de brillantes campagnes dans les Pays-Bas de 1744 à 1747, au cours desquelles il a été blessé, il reçoit la croix de Saint- Louis, puis réussit à se faire muter en Languedoc à la paix d’Aix-la-Chapelle en 1748. Il y devient rapidement ingénieur en chef. Promu lieutenant-colonel d’infanterie en 1758, il est alors affecté à la chefferie de Montpellier.
On est en pleine guerre de sept ans. Il est chargé d’établir, sur la portion de la côte du golfe du Lion relevant de la circonscription, un certain nombre de bastides défensives en prévision de possibles descentes anglaises. Il surveille surtout la construction de plusieurs sections du canal des étangs qui, de Sète doit arriver à Beaucaire sur le Rhône.
Cet ouvrage depuis longtemps prévu, mais jusqu’alors différé, est aussi important pour l’intérêt général du royaume que pour celui de la province : transport des sels de Péccais, liaison languedocienne avec la Provence et au de-là, jonction du canal des deux mers avec la batellerie rhodanienne.
C’est donc à une responsabilité des plus importantes qu’accède Guillaume Darles de Chamberlain. Intelligent et actif, l’homme a sûrement de brillantes qualités professionnelles. Bon combattant, il dessine aussi avec élégance et précision (plan d’Aigues-Mortes établi par lui-même le 20 septembre 1753). Il étudie vite et bien les dossiers qui lui sont confiés.
Mais son ambition et son goût de l’intrigue risquent, à bon droit, d’inquiéter ses supérieurs hiérarchiques. Son rêve : devenir le plus rapidement possible directeur des fortifications du Languedoc, bien que la place soit occupée, Dieu seul sait pour combien de temps, puisque que les ingénieurs pouvaient rester à leur poste jusqu’à leur mort, aucune mise à la retraite n’étant prévue. Le 12 octobre 1759, Darles écrit à Monsieur de Joubert, syndic des états, la lettre suivante :
« Vous pouvez assurer, Monsieur, Monseigneur l’archevêque et Nosseigneurs des états que si toutes les affaires de la Province qui passent par les mains des officiers du génie, passaient par les miennes en qualité de directeur, je ferais l’impossible pour leur prouver mon économie et l’intérêt que je prends à son bien. Je le dois comme patriote y ayant ma part. » post-scriptum : « n’en parlez pas à Monsieur Mareschal [le directeur en titre]. Il est jaloux de moi »
En outre Guillaume Darles de Chamberlain est un homme de plaisirs. Passe encore qu’il ait été obligé de se marier en catastrophe en mai 1740 avec la fille d’un avocat au parlement de Metz, qui n’avait aucun bien. Ce n’est que péché de jeunesse vite pardonné. Il est plus grave d’abandonner femme et enfants cinq ans plus tard. Il va de succès féminins en succès féminins, ce qui flatte sa vanité. Ses parents lui tiennent rigueur de son comportement, et son père, sans le déshériter totalement, ne lui donne point la libre disposition de ses biens (source: testament d’Antoine Darles, en date du 6 novembre 1748). Or Guillaume dépense beaucoup, il le reconnaît, tout en mettant ses dettes sur le compte de difficultés agricoles consécutives à de mauvaises récoltes. En tout cas, la liste de ses créanciers est éloquente (voir: arrêt du 8 juin 1768).
Il vit le plus souvent sur sa terre de Caux et en son hôtel de Pézenas situé sur le quai, la grande artère de la ville. Il vit peu à Montpellier, son lieu de résidence professionnelle, et il est amené à faire de nombreux déplacements qui grèvent son budget. Il a dans sa maison un essaim de domestiques de toute espèce, nombre de voitures et une livrée brillante. Aussi est-il souvent, sinon toujours, à court d’argent.
De là à passer une police de société avec les entrepreneurs des ouvrages, qu’il dirige, à l’effet de partager le profit, il n’y a qu’un pas et ce pas est vite franchi. Or, s’il est un impératif catégorique dans le corps des fortifications, c’est bien celui qui concerne l’honnêteté de ses membres en matière de travaux.
En ce qui concerne Guillaume Darles de Chamberlain, l’affaire éclate par suite de son agitation brouillonne et, somme toute, fort maladroite. En décembre 1759, il a de longues conférences avec les entrepreneurs et les monte contre le directeur des fortifications, Jacques Philippe Mareschal, et l’intendant de la généralité. Il leur prouve que les travaux dont ils ont pris l’adjudication leur coûteront beaucoup plus que ce qui avait été entendu au départ et qu’ils doivent s’appuyer sur lui. Il conseille à l’un d’eux, Jésoui de Montpellier, de supprimer les échantillons, matrices des pierres, d’en substituer de nouveaux d’un poids plus léger et lui trace la manière dont il doit se conduire pour faire réussir cette manœuvre et pour parvenir à obtenir une indemnité à la suite de sa manœuvre (source: pièce jointe au dossier du procès).
Il fait tant et si bien qu’il se perd dans ses combinaisons. Au début de 1760, se rendant compte de ce qu’il a malencontreusement mélangé ses dossiers, il écrit à son directeur, pour lui demander de lui renvoyer les toisés qu’il vient de lui faire tenir, soi-disant de simples brouillons qu’il avait omis de remettre au net (lettre de décembre 1759). Le directeur ainsi alerté, l’est aussi par un entrepreneur qui a pris peur et qui est venu tout lui avouer.
L’intendant du Languedoc, Jean-Emmanuel de Guignard de Saint Priest, est à son tour prévenu. Darles, se sentant dévoilé, s’enfuit précipitamment à Bruxelles où il reste jusqu’en 1765, puis il passe en Prusse à Postdam. Il reconnaît ses malversations qu’il qualifie pour sa part « d’erreur considérable que j’ai faite aux toisés du canal des étangs (lettre du 13 janvier 1760 adressée à Monsieur de Montferrier, syndic des états).
L’affaire est simple et claire et pourrait être classée rapidement : les scellés sont apposés sur les biens de Guillaume Darles, ses papiers sont saisis pour retrouver tous les papiers concernant le service du roi. Le coupable est cassé et rejeté du corps des ingénieurs.
Dans le même temps, le Maréchal-Duc de Belle-Isle, alors secrétaire d’État à la Guerre, obtient du roi un arrêt en conseil nommant deux commissaires militaires aux fins d’expertises et de jugements (arrêt du Conseil du Roi du 28 juillet 1760).
Cependant la procédure traîne et va traîner pendant plusieurs années : l’un des commissaires nommés se récuse pour raison de santé. Son remplaçant, Louis Philippe de Haultemps des Bordes de la Maulnerie, ingénieur en chef à Perpignan, n’est nommé qu’en 1762. Sur tous les états de Languedoc qui financent en partie le canal et certains ouvrages de défense sur lesquels le débat est engagé, obtiennent qu’un rapporteur civil soit associé aux deux commissaires militaires : Louis Coulomb, avocat à la cour des Comptes de Montpellier. Le procureur Campan est aussi un languedocien, et lui aussi du milieu de la cour des Comptes.
À partir de ce moment-là, on a vraiment l’impression qu’il y a une volonté de ralentissement systématique. L’affaire se corse à partir de 1763 par suite de la contre-attaque de Guillaume Darles de Chamberlain. Des Pays-Bas autrichiens où il s’est réfugié, il cherche à se justifier. Dans une série de libelles diffamatoires, il accuse Mareschal, directeur des Fortifications et Ouvrages publics du Languedoc, de négligence, de complicité. Il prétend n’en être que sa pauvre victime. Bien qu’aucun fait nouveau ne soit apparu dans l’instruction du dossier, il fait tant et si bien qu’il jette le discrédit sur Jacques Philippe Mareschal, qui doit lui répondre et qui sera même quelques mois suspendu de ses fonctions : sitôt la sentence enfin prononcée contre l’indéfendable Darles, le procureur du Roi Campan conduit, de janvier à mai 1768, une enquête contre le directeur des fortifications qu’il n’épargne guère.
Pourtant un non-lieu intervient et Mareschal est blanchi, soutenu par le secrétaire d’état à la guerre Monsieur de Choiseul; il peut reprendre ses activités et son poste, tandis que Guillaume Darles de Chamberlain s’engage au service de Frédéric II de Prusse (lettre de Guillaume Darles, de Postdam du 23 juin 1765 signée: Baron d’Arlatan )
Reste à savoir quels sont les dessous de l’affaire, en particulier pourquoi les commissaires civils se sont acharnés sur le directeur des Fortifications autant que sur le coupable.
Pour mieux comprendre, il est nécessaire de se rappeler que les ingénieurs des fortifications furent longtemps chargés des ports et canaux des provinces frontières dans lesquelles ils se trouvaient, et qu’en Languedoc, où pourtant, les états avaient organisé leur propre service des Ponts et Chaussées, la coutume s’était prise, par soucis d’économie, de nommer le directeur des Fortifications, directeur des Travaux publics de la Province. En clair: de donner à un militaire, homme du Roi, la direction des travaux civils du Languedoc. Les inconvénients ne s’étaient d’ailleurs pas fait sentir immédiatement. Mais les choses se gâtèrent avec la nomination en janvier 1740 en Languedoc de Jacques-Philippe Mareschal.
À cela plusieurs raisons, particulières et d’ordre général : d’abord le personnage lui-même ; né à Paris le 29 novembre 1689, Jacques Philippe Mareschal est en réalité originaire des confins orientaux du plateau de Langres. À l’exclusion d’une année passée à Besançon, toute sa carrière s’est déroulée en Alsace : il ne peut être que dérouté par le caractère méridional. Chargé d’une très nombreuse famille, sans grande fortune personnelle, remarquable architecte, il recherche comme il en a le droit, des commandes civiles. Dans le cas de la fontaine de Nîmes, comme dans celui du théâtre de Montpellier, il se voit préféré aux architectes du cru qui en conçoivent du dépit et lui en témoignent de l’humeur. Surtout, nous l’avons déjà noté il est l’homme du Roi et de l’intendant. Il a d’ailleurs été envoyé en Languedoc sur la volonté expresse du marquis d’Asfeld et du roi « eu égard à des circonstances intéressantes et assez délicates » : il doit à la fois trancher de certains aménagements à faire au canal des deux mers, mais surtout enquêter sur un possible assèchement des marais du bas Languedoc.
Par ses conclusions favorables à l’opération, il a le malheur de se faire des ennemis, car plusieurs personnes de marque et des états mêmes s’opposent à ce dessèchement qui touche à de gros intérêts en place, en particulier au sort des grandes pêcheries du littoral, souvent aux mains de nosseigneurs des états ou de tels conseillers de la cour des Comptes, et à celui des marais salants de la petite Camargue (région d’Aigues-Mortes et le Grau-du-Roi ) aux mains des mêmes personnages. Lors de la tenue des États à Montpellier en janvier 1744, Mareschal se heurte à la mauvaise volonté des syndics qui ont joué un fort vilain rôle. Il a fallu toute l’autorité de Monseigneur le duc de Richelieu pour mette fin à l’aventure.
Désormais la lutte est permanente. La tension croît au cours des années qui suivent. Les gens de la province sont menés par Monsieur de Montferrier. Jacques Mareschal, soutenu par les intendants successifs, Maurice de Bernage, Jean le Nain d’Asfeld, Jean Emmanuel de Guignard de Saint Priest, maintient ses idées et marque d’abord des points. Aussi s’efforce-t-on à chaque instant de le prendre en défaut, de démontrer son incapacité, sa sénilité avancée, son manque de compétence ou d’honnêteté.
À partir de 1757, Nosseigneurs des États, peu favorables à Monsieur Mareschal et même à l’intendant, du pouvoir duquel ils sont jaloux, jouent la carte du jeune et brillant Guillaume Darles de Camberlain, de surcroît enfant du pays. Mais cette carte est perdante. D’où la haine accrue contre Mareschal et la procédure infâmante qu’ils obtiennent contre lui en 1768.
Le procureur du Roi, Campan, de souche languedocienne, se déchaîne alors contre l’accusé mais ce dernier sauve pourtant la situation grâce à l’intervention de Versailles.
En définitive faut-il considérer l’affaire Darles de Chamberlain moins comme un procès de prévarication que comme un épisode, parmi bien d’autres, de la lutte entre pouvoir royal et pouvoir provincial.
Rédigé par Ch.Nadal Sources : Henri Michel Archives de Pézenas Archives de Montpellier Archives départementales de l’Hérault Anne Blanchard Wednesday, August 2, 2006 On a de lui: <br> 1. Discours prononcé à l'ouverture de la session du collège électoral de l'Allier, le 22 août 1815, Paris, 1815, in-8;<br> 2. Réclamation faite le 20 septembre 1817 dans la seizième section du collège électoral du département de la Seine, Paris, 1817, in-8;<br> 3. Réfutation de Montesquieu sur la balance des pouvoirs, et aperçus divers sur plusieurs questions de droit public, 1817, in-8;<br> 4. Sur le faux et absurde système de la souveraineté du peuple, en réponse à l'article inséré pages 448 et suivantes de la 102e livraison de la Minerve, Paris,1820, in-8;<br> 5. Lettres faisant suite à deux articles insérés dans les 73e et 74e livraisons du Conservateur, sur le faux et absurde système de la souveraineté du peuple, Paris, 1820, in-8;<br> 6. Suite de la correspondance de M. de St-Roman et de M. Masuyer sur la souveraineté du peuple, Paris, 1821, in-8;<br> 7. Poésies dramatiques d'un émigré (Louis XVI; Antigone, fille d'Oedipe; Radasmane, prince des Parthes; Arsinoë, ou l'Ambitieuse accusatrice, tragédies en cinq actes), Paris, 1823, in-8;<br> 8. Extrait d'un ouvrage intitulé Essai sur la nécessité de reprendre les sciences par leur commencement et de les réasseoir sur leurs vraies bases. Paris, 1832, in-8. C'est un fragment du système métaphysique de l'auteur (chap. 3, Aperçus mathématiques).<br> 9. Lettres de MM de St-Roman et de Cormenin sur la souveraineté du peuple. Paris, 1832, in-8;<br> 10. (avec M. Rédarès) Lettres sur la patrie, la légitimité et la souveraineté du peuple. Paris, 1835, in-8<br> L-P-E Saturday, June 24, 2006 Henri Quatrefages de Laroquète, né au Vigan le 25 juin 1731, était le fils d'un médecin. Il vécut longtemps à Nîmes auprès de son oncle qui avait fondé dans cette ville une maison de commerce. Il revint ensuite au Vigan et fut mêlé aux événements politiques et à l'agitation qui précédèrent la réunion des États Généraux de 1789. Il fut élu comme député aux États Généraux de 1789.
Son enthousiasme pour les premières mesures de l'Assemblée Nationale se montre dans les lettres qu'il envoyait aux Consuls du Vigan: après la nuit du 4 août, il écrivait: "L'Assemblée Nationale... délibérant et discutant les droits de l'homme et du citoyen, a été interrompue par M. le Vicomte de Noailles qui a prononcé et déclaré en son nom qu'il renonçait à tous les droits féodaux, jugez s'il a été vivement applaudi; M. le duc d'Aiguillon est monté à la tribune... pour faire la même offre... Bientôt tous les privilégiés se sont empressés de venir déposer aux pieds de l'assemblée tous leurs privilèges... Le clergé a montré le même zèle et le même patriotisme... L'enthousiasme a été général, les corps, les villes et les provinces ont fait l'heureux abandon de tous leurs privilèges les plus chers, la nation sera une; la France sera heureuse et entièrement régénérée; tous les Français seront frères..." Et, après avoir énuméré les arrêtés pris par l'Assemblée, Quatrefages terminait ainsi: "Rien de si touchant que ce généreux abandon, on s'embrassait en frères et on se félicitait d'être Français... J'ai embrassé M. de Noailles avec transport... Plus de haines, plus de jalousies. Empressez-vous à quelque heure que vous receviez cette lettre de la rendre publique."
Le 25 août, il écrivait à son ami le général d'Albignac: "L'abolition de la dîme et celle des droits féodaux doit répandre la joie dans toutes les campagnes. C'est le moment de leur faire sentir que n'ayant plus rien à demander pour la liberté de leurs biens et de leurs personnes, ils ne doivent plus conserver de haine, de jalousie, ni de sentiment de vengeance pour ceux qui les possédaient".
Élu Maire du Vigan, lors de la Constitution des nouvelles municipalités, Quatrefages de Laroquète donna sa démission aussitôt (27 février 1790), car il estimait cette fonction incompatible avec la mission qu'il remplissait à l'Assemblée Nationale.
Comme on le sait, c'est à ses efforts que Le Vigan doit d'avoir été choisi comme l'un des chefs-lieux de district du département du Gard.
Ami de la paix, de l'ordre, de l'union, d'une honnêteté exemplaire, d'un dévouement absolu à la chose publique, Quatrefages était aussi d'une extrême tolérance. Il s'abstint, protestant, de voter à l'Assemblée dans l'affaire des catholiques de Nîmes, et alla passer deux jours à la campagne tandis qu'on s'occupait du clergé.
Aussi, après la séparation de l'Assemblée constituante, lorsqu'il revint au Vigan, les membres du corps municipal, unanimement, décidèrent de le nommer Maire. Il refusa, car il estimait que, au moment où allait être mise en application la Constitution civile du Clergé, un protestant n'était pas qualifié pour être placé à la tête de la Municipalité. Ce n'est que sur l'insistance de ses amis qu'il se décida à accepter. Réélu le 12 décembre 1792, il fut, en l'An II, arrêté comme suspect de 'fédéralisme' pour avoir assisté à l'Assemblée représentative des Communes du Gard, mais simplement gardé à vue à son domicile. Le 9 septembre 1794, le représentant Perrin le fit mettre en liberté.
De nouveau membre de la Municipalité sous le Consulat et l'Empire, il remplit à plusieurs reprises les fonctions de sous-préfet, par intérim. Il mourut au Vigan, en 1824, âgé de 93 ans et fut enterré dans le tombeau de son gendre d'Espinassous.
Gorlier P. Le Vigan, histoire d'une cité languedocienne. Montpellier: J. Reschly, 1970. Thursday, January 12, 2006 Ingénieur, agriculteur et métallurgiste, né à Troyes le 18 octobre 1848.
Issu d'une ancienne famille originaire de l'Artois et du Cambrésis... le marquis de Mauroy fit ses études à l'École supérieure des Mines, d'où il sortit diplômé et premier en 1872.
Propriétaire de vastes domaines près de Wassy, dans la Haute-Marne et près de Troyes (Aube), le marquis de Mauroy dirigea de bonne heure ses efforts vers la chimie agricole pratique. Il a publié, sur l'emploi des engrais chimiques et de la tourbe et sur le rendement des diverses variétés de blé, d'orge, d'avoine, de betterave, de pommes de terre, de plantes fourragères et des prairies temporaires en terrain sec, plusieurs études, parues dans le 'Bulletin du Comice agricole de l'Aube' et diverss recueils scientifiques, dans la 'Croix de la Haute-Marne', etc.
On lui doit, en outre, la publication d'un petit traité de vulgarisation: 'Unité, composition et emploi des engrais chimiques' (1 vo. 1884, 3e édition, 1900), dont deux cents exemplaires ont été acquis par le ministère de l'Instruction publique en 1897 et cent autres en 1898. Sur le même sujet, le marquis de Mauroy a fait quelques conférences, préconisant l'emploi des engrais chimiques, à l'achat desquels il contribua, dans l'Aube, comme président du Syndicat des Agriculteurs de ce département, dès 1884.
Ses recherches en minéralogie l'ont conduit à la constitution d'une collection précieuse de minéraux et météorites; elles ont été également l'objet d'intéressants articles dans les organes spéciaux. Il a donné à des musées, universités, collèges, écoles, plus de sept mille échantillons minéralogiques et géologiques et il a fondé, en 1896, le musée d'Histoire naturelle du Vatican, à Rome.
Le marquis de Mauroy est membre de la Société académique de l'Aube, conservateur du Musée minéralogiques de Troyes, membre perpétuel et ancien vice-président de la Société française de minéralogie, membre honoraire de la Société impériale minéralogique de St-Petersbourg, correspondant du Muséum d'histoire naturelle de Paris, etc.
Il a obtenu, en récompense de ses travaux, de nombreux prix, notamment un prix du ministère des Travaux Publics pour ses études à l'École des Mines, en 1874; le prix Godard (médaille d'or et 800 francs), de la Société des Agriculteurs de France, en 1887, pour ses améliorations dans la culture du blé; un prix de la Société d'encouragement à l'industrie nationale pour l'utilisation de la tourbe en agriculture (1890) et diverses médailles d'or, argent et vermeil dans les concours agricoles, régionaux et départementaux.
Le marquis de Mauroy est, d'autre part, conseiller municipal de Wassy et administrateur de la caisse d'épargne de l'arrondissement de ce nom, trésorier de la 314e section de Vétérans, président du Comité de secours aux blessés militaires à Wassy, etc.
Il est chevalier de l'ordre de Ste-Anne de Russie, commandeur de l'ordre de Pie IX, grand-officier de l'ordre de St-Sava de Serbie, chevalier d'honneur et dévotion de l'ordre de Malte.
Curinier C.E. Dictionnaire national des contemporains, etc. 6 tom. 1901-18. |