Helene-dejaham's Journals

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Un automne hyperactif... et ça ne fait que commencer

Dimanche 18 mai 2008

Le public s'interroge, voire s'impatiente, repasse sur le blog tous les jours en l'attente d'un nouveau post... Et rien n'arrive ! On crierai presque au scandale, heureusement, tout est bien qui finit bien, je me pose 5 min en ce dimanche soir presque tranquille pour donner quelques nouvelles.

L'Uruguay ! Et oui, cela fait déjà 15 jours que je suis revenue de ma virée de l'autre côté du Rio de la Plata, 3 jours qui m'ont fait un bien fou, sortir de l'agitation portena m'a bien détendue, et j'en avais besoin.
Découverte de Carmelo, petit village où on a débarqué en bateau ; coucher de soleil sur la plage en buvant du maté, puis 2 jours à Montevideo, la capitale la plus tranquille du monde - vous me direz, je ne connais pas encore Luxembourg :-) Un dimanche à Montevideo est une expérience : toutes les boutiques fermées, on peut marcher 10 min sans croiser âme qui vive, on entend résonner les talons sur le pavé à 3 cuadras, et ce, même en plein centre-ville. Les gens, enfin les peu nombreux qui mettent le nez hors de chez eux, vont pêcher, pourtant, faut avoir envie quand on voit la tête de l'eau, qui est toujours celle du Rio et pas la mer, avec sa caractéristique couleur marronasse naturelle mais peu appétissante et ses relents de papeleras pour la touche de pollution chimique. Miam !

Dépaysement garanti donc par-rapport à BA, et plongée dans les années 50 par moments avec les bus qui doivent véritablement dater de cette époque et une mode que je ne m'explique pas pour les 2CV.

Toute cette relaxation me paraît déjà bien loin... J'ai plongé depuis début mai dans un océan de travail dont la rive, probablement mi-juillet, me semble encore tout à fait hors de vue. Je m'explique : en outre du boulot à la galerie, de mes 3 élèves de français, de mon atelier de photojournalisme, je me suis rajouté (je m'ennuyais presque) un cours de Design de sites web intensif.
Je faisais depuis fin février de la correction orthographique pour un site Internet français, et la nana qui s'occupe de la coordination de l'équipe ici (une quinzaine de personnes) part en France pour 2 mois et m'a proposé de prendre sa place. Ce qui est plutôt lucratif et pas inintéressant, mais quel stress !! Je me retrouve avec 30 mails urgents à traiter par jour, en 5h de boulot je fais la moitié de ce que je devrais faire, bref, je suis au bord de la crise de nerfs, et ça fait même pas une semaine. Avec tout cela mon emploi du temps ressemble à un casse-tête avec des journées de travail qui finissent parfois vers 2h du matin. Alors non, pour les vacances, on repassera.
Mais bon, pour l'instant, je résiste (et je prouve que j'existe) en me disant que quelque chose va bien devoir sauter à un moment, je sais juste pas encore quoi. Et je rêve de partir au Brésil quand toute cette locura sera finie, probablement en août (avis aux amateurs). Au fait, comme je ne suis pas sûre de l'avoir écrit noir sur blanc, je ne pense pas rentrer en France en août ;-)

Sinon, ce qui me reste de vie hors du boulot va bien, rythmée par les départs : la semaine prochaine part Nina, ex-collègue de la galerie, australienne, avec qui je m'entendais super bien. La coloc vit une période un peu casanière, ça tombe plutôt bien. Cela dit, que je me fasse bien comprendre, casanière ça veut dire qu'on ne fait plus des nuits de folie jusqu'à 6h QUE une fois par semaine...

On vit un été qui semble ne jamais devoir finir... L'hiver est venu, mi-avril, on s'est caillés pendant une semaine, et il est reparti. Depuis on alterne entre doux et vraiment anormalement chaud (27° jeudi, pour l'équivalent d'un mois de novembre, c'est beaucoup), cela fait 20 jours qu'il n'a pas plu, on continue à prendre des petit déj sur le toit et des cafés en terrasse, et je n'ai toujours pas remisé mes chères Havaïanas au placard. Chaque semaine depuis un mois on nous annonce un froid polaire et une pluie diluvienne, pour l'instant, on attend de voir et on profite 2 fois plus de chaque rayon de soleil. Cela dit, les nuits se rafraîchissent et il fait nuit à 17h30.

Photoshop m'appelle pour les devoirs de cours de photo, je t'embrasse, lecteur inconnu et téméraire... et t'incite une fois de plus à laisser des commentaires !!


Visa à expiration

Lundi 29 avril 2008

L'hiver arrive, et cette fois semble t-il pour de bon, après un superbe retour en force de nos 30°, de nos tongs et de nos pique-nique sur la terrasse pour deux semaines d'été en rab. Mais bon là, quand même, c'est l'équivalent du mois de novembre, il est quand même normal que ça baisse.

La fin d'une première époque... Avril est passé en un battement d'ailes. Tout a l'air de me le crier en ce moment : le départ d'un de mes colocs préférés il y a 10 jours, les feuilles qui tombent, la ville qui me surprend dans ses habits d'hiver, le visa de 3 mois qui se termine. Le week-end prochain, je traverse le Rio de la Plata pour l'Uruguay. Je profite de l'occasion pour sortir un peu de la locura portena, ça ne va me faire que du bien.

Après une semaine d'excès divers et variés, notamment de fiestas et de manque de sommeil (une nuit de 45 mn, un record personnel pour aller bosser), et un vent de folie qui a soufflé sur la maison, tout ça s'est tassé et j'ai moins l'impression de vivre dans un sitcom. Peu à peu se construit la "tribu", autour de grandes tablées - sportif parfois de cuisiner pour 25, mais on s'adapte et de fêtes où on débarque à 30. Ou plus :-)

J'ai maintenant 3 "petits" (tous plus vieux que moi :-) élèves de Français trop adorables et à vrai dire je frôle légèrement le surmenage, entre le théorique temps partiel de la galerie où je me tape quand même sensiblement tous les dimanches et donc des semaines de 6j, la correction d'orthographe et les cours. Il va falloir trier ses priorités dans les prochaines semaines, des décisions importantes vont être prises - je parle comme un horoscope !

J'ai commencé l'atelier de photo documentaire avec beaucoup d'enthousiasme, la partie théorique que nous voyons maintenant est super intéressante, j'ai la tête qui bouillonne de questions et de débats internes, d'autant plus qu'on travaille sur l'identité, un vaste chantier. Pour l'instant ça me déstabilise plus qu'autre chose mais je suis sûre qu'à terme le résultat sera positif. Et le groupe est aussi cool, plein de photographes, de cinéastes, de graphistes (et moi, qui suis quoi au fait ? et me sens toute petite).

Les jours de pluie, les jours de doute, les courses, le temps qui toujours manque, le soleil qui revient, le sourire qui sauve, tous ces petits liens qui se créent autour de moi et m'attachent peu à peu à la terre (à cette terre), les soirées de joie et les moments de tendresse. Les départs - trop souvent.


17h, petit déj et débrief

Samedi 12 avril

Ahhhh les lendemains de soirée...
Des litres de maté, pas mal de cadavres de bouteille et l'heure du débriefing : scénario typique d'un samedi "matin". L'ambiance à la coloc n'a jamais été aussi bonne (et aussi déjantée). Peu à peu se forment de véritables amitiés en buvant du thé au miel ou en dansant comme des fous sur la terrasse jusqu'au lever du soleil. Je me rappelle à quel point tout et (surtout) n'importe quoi peut arriver dans une soirée ici. Tout cela a des airs d'année dernière... A la seule différence que l'année dernière, je ne travaillais pas tôt tous les matins !! Autant dire que les réveils sont difficiles et je n'ai pas encore trouvé la recette magique pour survivre sans dormir.

Côté boulot, à part ça, tout va bien, je commence à m'y retrouver un peu dans toute la partie administrative, la saison des expos a commencé, avec une nouvelle expo toutes les 2 semaines, et à l'occasion j'ai des petites missions de journalisme plutôt sympathiques. Je commence lundi un cours de photo documentaire qui dure plusieurs mois, le prof est directeur du service photo de la Nacion, un grand quotidien national, et ça promet d'être intéressant, surtout que l'idée est de monter un projet commun - expo, bouquin ou autre.

Côté politique, ça s'est un peu calmé, les blocages de routes sont levés et on peut à nouveau manger de la viande (ouf). A la surprise générale, il n'y a pas tellement eu de mouvement à l'occasion du passage de la flamme olympique, contrairement d'après ce que j'ai compris à ce qui s'est passé à Paris (félicitations !).

Depuis le temps qu'on en parle, l'automne est semble t-il là (pour l'instant?), ce qui s'est traduit avec ce sens aigu du théâtral par une baisse de température de 15° entre jeudi et vendredi. Conclusion, on se caaaaiiiillle... Ca devait arriver un jour ou l'autre !


La routine, quoi

Lundi 31 mars 2008

Je profite des dernières heures de soleil sur ma terrasse en écoutant mon coloc jouer de l'accordéon (ambiance automnale)... Malgré un retour massif du soleil et de la chaleur depuis quelques semaines, on sent l'approche de l'automne. Déjà les nuits ne sont plus si chaudes, et depuis le changement d'heure le soleil se couche bien tôt. Mais bon, il fait quand même dans les 27-28° la journée, il y a du soleil presque tout le temps, alors vu ce que j'ai entendu du temps à Paris je ne me plaindrais pas.

Pendant que dans ma vie la routine s'installe, le pays est plus au moins en ébullition. Le gouvernement a annoncé il y a quelques jours des hausses d'impôts pour les paysans, ceux-ci réagissent en coupant les routes et en interdisant le transport des produits jusqu'aux villes. Ce qui signifie qu'il y a déjà des problèmes d'approvisionnement en lait, en légumes et... en viande, et ça, c'est un drame national ! Tout le monde est paniqué, et les frigos vides dans les supermarchés sont le sujet de conversation inévitable de ces jours-ci. Mardi dernier, suite à un discours un peu provocant de Cristina (Kirschner, la présidente depuis 2007), plein de portenos sont descendus dans la rue pour un "cacerolazo" spontané. En entendant ça, la curiosité de mon coloc canadien et la mienne n'ont fait qu'un tour, et on est parti à 23h pour la Plaza de Mayo, où se trouve le palais présidentiel et où on donc lieu toutes les manifs.

Le spectacle était impressionnant : des gens en costumes, sortant des bureaux, des vieux bien habillés et des jeunes avec la frange débarquant directement du Barrio Norte (les quartiers chics) en train de frapper des casseroles en gueulant "Cristina, hija de puta" (ça, c'est du slogan). Une vraie manif de droite en somme, pas organisée parce que quand même, ils ont pas trop l'habitude... Moi je rigolais bien en essayant d'imaginer des jeunes sarkozystes frappant leurs bouilloires avec des louches pour défendre, disons, la réforme des retraites...

En interrogeant tout le monde autour de nous on a donc compris qu'en effet, les gens manifestaient pour soutenir les paysans, ou par libéralisme économique, ou contre le gouvernement. Vers minuit est arrivée la contre-manifestation pro-Kirschner (ou pro-redistribution des richesses) avec des slogans délicats du type "ils sont là ceux qui ont soutenu la dictature". Donc forcément il y a eu un peu de tension, voire un peu de violence, finalement la contre-manif a gagné la place, et une énorme averse a mis tout le monde d'accord pour rentrer chez soi.
Depuis la situation ne s'est pas améliorée, même si en ville c'est plus calme. J'avoue ne pas comprendre, malgré des heures de discussion sur le sujet, tous les enjeux du débat. Ce qui est sûr en tous cas, c'est que dans les formes c'est pas tout à fait comme chez nous !

A part ça, j'ai gagné une grande victoire dans mon intégration puisque j'ai réussi, de manière semble t-il presque légale, et après des semaines de lutte avec l'administration des impôts, à m'inscrire à un régime dit de "monotributismo" qui me permet d'éditer des factures et donc, d'être payée légalement moyennant le paiement de quelques pesos d'impôts mensuels. Le fait que ce système soit ouvert aux étrangers sans visa de travail est une absurdité juridique, ils ont juste probablement pas même pensé à ce cas-là quand ils ont créé ce système, mais en attendant c'est bien cool pour moi.

A part ça, et malgré les nouvelles de mon précédent mail co, je ne vais finalement pas changer de travail, je continue à travailler pour la galerie mais je vais aussi m'occuper de la revue qu'ils éditent. Il faut dire que la saison basse touristique arrive et que j'ai largement le temps de bosser un peu le matin en attendant les clients.

Ma collègue de l'après-midi étant partie, et celle qui la remplace ne parlant pas espagnol (cherchez la logique), je suis également chargée de plus en plus de choses, administration, relations avec les artistes, organisation des expos, et c'est pas vraiment pour me déplaire même si c'est parfois un peu de stress "- tu peux s'il te plaît passer au secrétariat de la culture pour t'occuper du certificat d'exportation de ce tableau? C'est urgent, merci" ("- !??").

Bref, la routine, mais pas au point de s'ennuyer non plus...


Calentamiento global

Mercredi 5 mars 2008

Alors que le climat argentin est en train de partir en live sous nos yeux ébahis - il pleut tellement depuis 10 jours que Buenos Aires est inondée, comme si c'était déjà pas assez le bazar, le métro fonctionne quand il veut et certaines lignes de bus sont coupées par moments - on dirait quand même au milieu du réchauffement climatique que l'automne arrive et que je m'installe...

Pour commencer, j'ai trouvé du travail officiellement (enfin officiellement, c'est pas comme si c'était légal hein !), je bosse tous les matins dans une galerie d'art un peu pour touristes mais avec de bonnes choses quand même. Je m'occupe en principe d'accueillir les gens, autant dire que c'est très "calme" le matin et que je ne suis pas vraiment débordée. A côté de cela, j'ai environ 5 000 autres projets sur le feu, sur lesquels je reviendrais au fur et à mesure. En gros, l'hyperactive que je suis trouve son bonheur, à tel point que la reprise du travail m'a littéralement épuisée. J'avoue aussi que le fait de bosser les dimanches (pas toutes les semaines heureusement) et de continuer à sortir jusqu'à 5h en semaine n'aide probablement pas... Mais bon... Ce serait moins drôle, non?

Je suis donc super contente de tout cela, même si, je ne le cacherai pas, ça m'a aussi fait un drôle de choc... Avec l'appart, le boulot, les nouveaux amis, c'est une vie entière qui s'est mise en place en un mois et parfois je suis étourdie de voir à quel point tout est allé vite... et à quel point tout commence à peine. Me voilà donc installée, c'est sûr, au moins pour plusieurs mois, et c'est là que par moment quelque part au fond de moi résonne quelque chose comme de la nostalgie. Cela dit, je n'ai déjà plus vraiment le temps d'y penser :-) alors tout va bien.

Je commence, au bout de 3 semaines, de comprendre qui est qui dans ma coloc, qui habite vraiment là, qui en fait sont les voisins même s'ils passent leur vie dans notre salon, bref je m'intègre. Je ne suis déjà plus la dernière arrivée. Le début de la saison festive a pas mal aidé, entre fêtes de départ et anniversaires, dans une maison où en gros entre les amis et les voisins squattent régulièrement 20 personnes, il y a toujours quelque chose à fêter. Et sinon, on peut toujours refaire le monde en parlant des heures de politique comme ce soir. Le seul petit souci, c'est qu'en gros je peux facilement vivre sans sortir de la maison !

Je retrouve aussi les amis de l'an dernier, même s'il en reste très peu à Buenos Aires, ça fait parfois très plaisir de retrouver des "vieux amis", ce qui à l'échelle actuelle veut dire "de plus de 3 semaines". Déjà les premiers départs arrivent, et je me rappelle à quel point je m'attache vite !
Et il faut absolument que je prenne des photos à la prochaine soirée pour que vous voyez un peu les têtes de tout ce monde-là. A suivre donc...


Post asado

Dimanche 24 février

Il y a tout juste un an, je revenais en France avec le cœur à l'envers et en me jurant à moi-même que ce ne serait que provisoire... J'y suis. J'ai tenu ma promesse. Et comme chanterait l'autre, je ne regrette rien.

Je viens donc de découvrir les fameux asados (barbecues) du dimanche soir de ma coloc, pour finir le week-end en beauté en mangeant des kilos de viande, en parlant au moins 3 langues et en écoutant de la guitare. Je pense avoir presque réussi à repérer tous les gens qui vivent ici :-) même si je m'y perds encore un peu entre ceux de la maison d'à côté, nos voisins qui vivent en dessous et squattent souvent chez nous, et les amis, etc. Cela donne des scènes assez drôles du style samedi matin, en pyjama et l'oeil vaseux, rencontrant un inconnu avec un sac à dos dans le couloir qui recherchait un Emmanuel... Que je ne connaissais pas et qui s'est averé être mon voisin de chambre ! Entre temps on a fait connaissance et tout ça s'est terminé en boîte vers 6h du matin hier.

Après une semaine un peu touristique avec la visite d'un pote du cours de tango parisien que j'ai accompagné dans quelques ballades et surtout beaucoup de milongas, j'ai repris la recherche de boulot plus intensivement, et j'ai commencé un petit boulot de correction d'orthographe pour un site Internet français. Bref c'est de la délocalisation mais c'est bien payé, le télétravail ça a quand même des avantages certains, et même si c'est provisoire c'est toujours ça de pris.

Côté boulot j'ai aussi commencé à travailler pour une revue culturelle un peu branchée d'ici, pour l'instant c'est encore assez flou car ils ont un système d'organisation un peu idiosyncrasique (ie c'est le gros bordel) mais je devrais m'occuper de l'agenda culturel et d'une façon ou d'une autre de la newsletter bimensuelle. Voilà pour les curieux le lien vers leur page Web : www.wickedba.com

Ô toi lecteur inconnu, qui que tu sois et combien sois-tu, s'il te plaît, manifeste-toi ! L'auteur qui sommeille en moi ne sait s'il est lu ou s'il jette ses posts comme des bouteilles à la mer. Laissez-moi des commentaires, même pour me dire : j'étais là ! Et je serai bien sûr encore plus contente de recevoir plus de nouvelles par mail. A bon entendeur...


Tu sais que tu es en Argentine quand...

Dimanche 17 février 2008
Dimanche matin, 14h30, j'essaie d'émerger en me disant qu'après tout, avec une telle chaleur, la sieste est peut-être la seule chose productive que je puisse faire.

Des exemples de situations que je ne peux m'imaginer dans un autre endroit au monde?
Se faire accueillir à un entretien d'embauche par un "Holaaaaa, divina, que onda?" (difficile à traduire, quelque chose comme : salut ma belle, quoi de neuf?).
Arriver à un autre et me rendre compte que j'avais partagé un taxi en rentrant de soirée en octobre 2006 avec mon embaucheuse potentielle du jour.
S'asseoir sur un banc dans un parc à Palermo qui se met à parler - il paraît que c'était de l'art contemporain, il n'empêche, c'est un choc.
Se prendre 3 piroppos dans les 200m qui séparent l'arrêt de bus de ma maison.
Manger un pancho (hot-dog) à 4h30 en sortant de boîte.

Bref je me rappelle peu à peu à quel point j'adore cette ville, à quel point les gens sont chaleureux et adorables, l'ambiance peut être folle sur le dance-floor, et le surréalisme fait partie de la vie de tous les jours.

Et surtout, en ce qui me concerne, je sais que je suis en Argentine quand, malgré les difficultés, les péripéties, l'absence de tous ces Parisiens qui me manquent et l'occasionnelle solitude des premiers jours, je garde le moral et une bonne humeur à toute épreuve, qu'il semble que rien ne peut entamer, comme une certitude que c'est bien ici et maintenant que je dois être, qu'au-delà de ça rien n'est vraiment grave et que demain importera demain. La seule ombre d'inquiétude est que je dois absolument trouver un boulot pour pouvoir RESTER ! Et quand aux Parisiens, ils savent déjà qu'un toit et un guide touristique perso les attendent ici...


L'auberge espagnole... au carré

Mardi 12 Février 2008

Ca y est, je suis installée ! Après un week-end de standby pour cause de départ massif (du peu de monde qui reste en ville en février) pour la plage, j'ai emmenagé aujourd'hui dans mon nouveau chez-moi, qui se trouve être aussi celui d'un Argentin, d'un Canadien, d'un Français, d'au moins 3 Américaines, d'une Italienne et d'un certains nombre - inconnu d'ailleurs - d'autres personnes que je n'ai pas encore croisées. Je vous rassure tout de suite, je ne vis pas dans un squatt, j'ai ma chambre qui doit faire 20 m2 avec un petit balcon sur la rue et 4m de hauteur sous plafond.

Au total les maisons font 450 m2, sont reliées par une immense terrasse dont les asados (barbecues) dominicaux sont devenus proverbiaux. Et je ne parle pas des cadavres de bouteilles. Comme dirait Meg, une de mes colocs : "la teraza es linda, de dia tomamos sol, y de noche tomamos cerveza". Donc plutôt bonne ambiance, j'ai été mise dans le bain tout de suite quand on m'a proposé le petit déj à 14h quand j'ai débarqué avec mon sac à dos. J'en entends d'ici qui pleurent sur l'immobilier parisien, je n'insiste pas sur le loyer donc.

A part ça, je suis dans le quartier de Congreso, à 7 cuadras du Congrès National, le quartier n'est pas magnifique mais il est plutôt tranquille et plein de métros, bus etc.

Au prochain épisode, les péripéties de ma recherche d'emploi - rien de signé pour l'instant, mais il faut quand même un peu de temps - et la reprise des cours de tango ;-)


Lost in translation

Samedi 9 février 2008
Meme pas trois jours et il me semble que je pourrais ecrire un roman tant ces premiers jours ont ete denses...
Tout a commence par un flash violent en entrant en salle d'embarquement, du genre : QUE estoy haciendo??? (Mais qu'est-ce que je fous?).
Mais bon, finalement arrivee a bon port malgre un voyage un peu epuisant - en survolant le Pole Nord j'ai soudainement pris conscience du fait que Chicago, c'etait pas franchement sur le chemin, et que meme pour l'Argentine, 24h de vol (retards pour cause de neige) c'etait beaucoup ! Heureusement, les gens etaient trop occupes a manger des crepes ou a voter aux primaires du Super Tuesday pour prendre l'avion, et j'avais 2 sieges pour moi dans chaque vol.

Petit choc a l'arrivee, 37 degres de "temperature ressentie", humidite, galere pour joindre le pote qui m'heberge, mais tout s'arrange. J'ai quand meme passe quelques heures un peu lethargiques avant de plonger dans la grande ville... Et la, j'y etais pour de bon : les memes rues, le bruit, la foule, et ces milliers de details qui font que Buenos Aires est Buenos Aires. Un peu surrealiste tout de meme, mais une espece d'evidence en meme temps, comme si c'etait naturel d'etre la et que c'est a cet endroit que j'appartiens.

Une premiere soiree a manger des sandwichs sur les rives du Rio de la Plata, en cherchant desesperement un peu de fraicheur...
Retour aux choses serieuses des le lendemain, aidee par une baisse de la temperature de... 15 degres (on ne fait pas les choses a moitie ici) et sous un vent apocalyptique : telephone portable, recherche d'appart, contacts pour le boulot... Ca avance peu a peu, apres une journee d'hier totalement frenetique avec 5 rendez-vous, et une soiree avec des peut-etre futurs collegues (j'y reviendrais).

Bref, j'essaie de m'organiser peu a peu, c'est encore pas mal de solitude meme si l'ami qui m'accueille est adorable avec moi, mais ca, connaissant les Argentins, ca ne durera pas.
Je promets a tous les courageux qui sont arrives jusque la que les prochains posts seront moins longs ! Et vous tiens vite au courant de, je l'espere, mon installation.


Ultimes preparatifs 2

... 20 semaines plus tard

Pour la premiere fois les mots me manquent... Alors, ca y est? Il y a deja presque 5 mois je croyais etre en galere de bagages - depuis j'ai compris ce que ca voulait vraiment dire, c'est 3 fois pire au retour - et j'avais la tete et le coeur en vrac en me demandant ou je pouvais bien aller... C'est un peu pareil finalement !

Ces derniers jours a Buenos Aires ont ete etranges, c'etait previsibles, vivre comme s'il n'y avait pas de lendemain, des retrouvailles qui sont aussi des adieux, revoir chaque personne en se disant que cette fois je la quitte pour un delai indetermine, marcher dans les rues en essayant de graver chaque cm dans ma memoire. Les souvenirs qui remontent a chaque pas, la nostalgie qui monte a la gorge, pelerinage d'un passe proche mais qui deja me parait a des siecles. Tant de choses qui sont mortes, qui sont nees. Nostalgie de penser que je pars, et que je ne sais ni si ni quand je reviendrais. Et Buenos Aires ou il devait faire une insupportable chaleur qui s'est faite pour moi belle, printaniere comme a mon arrivee. La boucle est bouclee. Je suis amoureuse de cette ville.

Odio a las despedidas. Et la derniere soiree, hier, qui devait forcement impliquer de la Quilmes, de la cumbia et finir tres tres tard... Avec tous les amis du voyage, comme un resume des derniers mois et des surprises qu'ils m'ont reserve.

Et ma vie, elle est ou, maintenant? Je suis condamnee a me sentir dechiree entre les deux rives de l'Atlantique? L'heure des choix et des decisions decisives est venue, et evidemment ce ne sera pas facile.
Mais l'avion n'attend pas, le compte a rebours est implacable et rien ne peut l'arreter... Je retourne donc a la passionante activite qui consiste a essayer de faire rentrer 5 mois de ma vie dans 2 valises, en essayant de pas trop reflechir.

Et comme dit le poete : "Nunca te iras de Buenos Aires, aunque te vayas"


La Francesa argentina

Un surnom qui me poursuit ces derniers temps...

Donc oui, me voila de retour en Argentine, avec une joie non dissimulable. Manger des milanesas, des asados et du dulce de leche, boire de la Quilmes et du Fernet-Coca, entendre des "che, boludo" a tous les coins de rues, sortir tous les soirs de la semaine y compris le lundi jusqu'a 5h du matin, se faire des potes en 10 mn, rouler sur des autoroutes, prendre le bus sans risquer sa vie, oui, aucun doute c'est bien l'Argentine.

Parce que pour y arriver, c'etait previsible mais ca a ete epique : pas trop de probleme pour negocier le retour en Bolivie par Jeep d'excursion, par contre en Bolivie, c'etait un peu la jungle... 3 bus differents pour arriver a la frontiere, plus de 12h de trajet dont la bonne majorite sur des routes de terre avec le bus qui penche vers le precipice - mon seul serieux moment de vrai flip de ce voyage a ce jour - une partie debout dans le couloir, l'autre avec 3 boliviens et bagages sur le siege a cote du mien, l'inevitable episode changement de pneu apres une crevaison avec la variante tout le monde descend sous une tempete de grele... Et pour completer le tableau, l'inevitable et catastrophique cumbia a fond dans les oreilles. Sympa. Apres ce voyage un peu traumatique j'ai traverse une periode de legere demotivation que le Nord de l'Argentine a vite gueri car c'est vraiment genial ici.

J'ai donc commence par Humahuaca, par des beaux paysages de montagnes et des petits villages andins traditionnels, et me voici a Salta, derniere etape du voyage, ou il y a une ambiance de malade a l'auberge de jeunesse, il y a des soirees tous les soirs, des concerts tout le temps et je me suis deja fait 50 potes. Oui au fait la ville est jolie aussi ;-)

Tout ca me motive pas pour rentrer et pourtant les signes de la fin du voyage se multiplient autour de moi : si j'avais pas change mon billet, je partirais demain, j'arrive a Buenos Aires dans 2 jours et au programme il ne reste plus guere que des adieux... J'essaie de pas trop y penser et de profiter a fond du temps qui me reste. D'ailleurs a ce propos, il y a un asado qui m'attend!


Stucked in Chile

Apres le Macchu Picchu et quelques jours passes a decouvrir Cusco et el Valle Sagrado tout autour, avec encore de beaux moments d'emerveillement en decouvrant des ruines incas perdues dans la montagne a Pisaq, ou la geniale cathedrale de Cusco ou on trouve des Pachamama et autres dieux incas planques au milieu des saints chretiens, et ou Judas dans le tableau de la Cene a la tete de Pizarro, conquistador de la ville ; j'ai laisse mes amis allemands pour reprendre la route ""seule"" vers le Sud du Perou. Arequipa, donc, jolie ville coloniale toute blanche, et un des Cañons les plus profonds du monde juste a cote d'ou j'ai pu voir d'impressionnants condors...

Ensuite un voyage assez folklorique jusqu'a la frontiere chilienne - un bus de nuit un peu bordelique, reveil a 4h a l'arrivee, quoi que ce terme soit un peu imapproprie puisqu'il semble suggerer que j'aurai dormi avec les arrets toutes les 20 mn et les controles de douane au milieu de la nuit - et une journee de glandouille sur la plage a Arica, Chile, avant de me retrouver ce matin a San Pedro de Atacama. D'ou je pourrais en theorie revenir direct a Salta, en Argentine... S'il restait des billets de bus avant le 15 fevrier !!

Donc a priori je vais devoir choper une jeep d'excursion a la frontiere pour retourner en Bolivie, a Uyuni, d'ou j'etais partie pour 3 jours de tour - vous suivez toujours?? - d'ou je repartirais en Argentine, si tout va bien, mais le voyage promet quand meme d'etre relativement epique.
Et donc, surtout apres ce coup-la, je dois avouer que je commence a sentir un discret besoin de poser enfin mes affaires, de dormir plus de 3 jours au meme endroit et de ne plus jouer a l'escargot avec sa maison sur son dos. Ca va etre cool de retrouver Buenos Aires... Mais bon d'ici la je garde la motiv, j'en profite autant que je peux et je continue a rencontrer plein de gens sympas, ce qui est quand meme genial.


Macchu Picchu

C'etait le clou du spectacle, le moment tant attendu, le reve de 10 ans... et la realite a ete largement a la hauteur !
Apres avoir decouvert el Valle Sagrado des Incas, l'ancienne capitale El Cusco, a commence la grande aventure du Macchu Picchu...
Depart a 4h du matin, en pleine nuit, sans avoi dormi parce que j'etais excitee comme une gamine, arrivee a la station de bus une heure avant pour etre surs d'etre dans le premier, le soleil apparaissant sur le chemin...

Et le grand moment, la Ciudad Perdida qui apparait au milieu de la brume, presque deserte, pleine de mystere... Un moment magique.
Les nuages qui restent accroches dans les montagnes, et cet endroit qui respire une incroyable energie. 12h de marche dans les escaliers et des courbatures en bataille plus tard, je ne regrette rien et reste avec des etoiles dans les yeux, ne croyant toujours pas tout a fait que c'etait vraiment pour de vrai...

Mais le retour sur terre arrive sous la forme d'une grosse galere pour retourner en Argentine, prochaine etape et debut du retour de mon itineraire. Prete psychologiquement a 3 nouveaux jours de bus?? Ouais mais c'est pas l'enthousiasme non plus!


Donde nació el sol - Lago Titicaca, Bolivia

Selon les Incas, c'est sur l'Ile du Soleil, au milieu du lac Titicaca qu'est ne le soleil... Et cet endroit degage une incroyable energie.
Mais pour commencer par le debut, nous avons donc continue l'aventure bolivienne par La Paz - un trajet en train, tres beau qui plus est, et nous sommes meme arrives en avance, ce qui est tellement a la limite du surreel ici qu'on avait du mal a y croire...

La Paz n'est pas une ville magnifique en soi, mais tres vivante, avec des marches, des gens dans la rue, beaucoup de couleurs et d'agitation. On s'est optionnellement retrouve au milieu d'une crise politique, avec remaniement ministeriels... et beaucoup de manifestations, de chants, de danse, parce que visiblement les Boliviens ont une vision plus festive de la politique ;-) La dessus on a continue dans le folklore avec la fete d'Alasitas, le 24 janvier. La tradition veut qu'on achete en miniature ce que l'on souhaite pour l'annee et qu'on le fasse benir par un sorcier... Moralite il se vend des milliers de petits dollars, bolivianos, maisons, autos, boutiques, passeports, mallettes, produits divers, et vous pouvez voir ca sur environ 500 photos parce que j'ai un peu craque sur ce coup-la. Et j'ai fait sagement benir ma valise de 5 cm, pour voyager dans l'annee ;-)

Donc pour se remettre de tout ce tapage (!!) on est partis en expedition sur "La ruta más peligrosa del mundo", la plus dangereuse du monde, ou plutot qui l'etait a l'epoque ou des bus se croisaient sur une route qui te fait deja un peu flipper a sens unique a velo... 63 km et des courbatures en bataille plus tard, on avait traverse des paysages sublimes, change 5 fois de climat, descendu plus de 2 000 m (finalement c'est pas forcement la montee le plus douloureux !!). De retour sains et saufs a La Paz !

Et ensuite, sur la piste des Incas, nous voila sur les rives du lac Titicaca, le lac le plus haut du monde a pres de 4 000m d'altitude, a Copacabana donc, qui est un des derniers endroits du monde ou on peut trouver des specimens de hippies survivants, avec pantalons larges, cheveux longs, qui vendent des bijoux artisanaux en ecoutant Bob Marley et en s'enthousiasmant pour la civilisation Tiwanacu. Et visite de l'Ile du Soleil, ou le soleil justement ne nous a pas rate lors d'une ballade par ailleurs incroyable entre ruines Incas, communautes qui vivent comme au siecle dernier et paysages splendides.

Aujourd'hui nous avons traverse le lac pour s'arreter du cote peruvien, a Puno, d'ou nous allons visiter d'autres iles avant de partir vers Cusco et le Macchu Picchu, mon reve depuis environ mes 10 ans. D'autres emotions fortes en perspective...


Les pieds dans la boue, la tete dans les etoiles

Je vous avais laisses a Santa Cruz, Bolivie, sur le point de prendre le bus pour Sucre... Jusqu'ici tout allait bien, le bus a mis 19h ce qui etait dans les previsions - fourchette haute - et il y a pas eu de probleme particulier, a part bien sur les 2h d'arret au milieu de la nuit pour reconstruire la route, heureusement nous n'avons pas contribue, c'est les chauffeurs qui s'y sont mis. Enfin.
Me voila donc a Sucre, d'ou je prends un bus pour Potosi... 3h plus tard j'arrive au bord du malaise, et oui, on a monte plus de 2 000 m et on est a 4 000 m. Et a 4 000 m c'est la deche d'oxygene ! La tete qui tourne et mal au coeur, je me retrouve a traverser toute la ville a pied avec mon sac a dos et sous une pluie battante - il fait genre 10 degres - pour retrouver l'autre station de bus. Un peu le bad quoi. Surtout que j'ai essaye 10 compagnies avant de tomber sur un bus qui partait le jour meme. Heureusement a ce stade je suis tombee sur un groupe d'argentins qui prennaient le meme bus que moi et qui m'ont quasiment reanimee a base de mate chaud pour le froid et de feuilles de coca pour l'altitude.

Nous voila donc partis pour le voyage le plus epique de ma vie... En theorie 6h, de fait 12, routes de montagnes qui tournent, pas asphaltee, ca secouait au point de se cogner la tete au plafond. Vers minuit on a creve un pneu, arretes une heure au milieu de la route sans phares... Bref, folklo. A part ca parmi les meilleurs fous rires du voyage - a ce point la vaut mieux en rire!

Et finalement l'arrivee a Uyuni, et le cauchemar est devenu un beau reve, la pluie c'est arretee, j'ai retrouve mes amis allemands, et nous sommes partis pour 3 jours d'expedition dans la montagne. C'etait incroyable : je n'avais jamais vu de tels paysages dans ma vie. Des lacs sales qui refletent les montagnes, des levers de soleil - debout a 4h, putain il fait froid, mais on se motive - des lagunes de toutes les couleurs, un bain dans des eaux thermales a 30 degres quand il fait 5 dehors... Un peu roots a part ca, vu qu'on dormait dans des villages perdus, pas de chauffage - la nuit ca gele quand meme ! Mais sans electricite, c'est parfait pour regarder les etoiles... Et c'etait vraiment magnifique, des milliers et des milliers, des etoiles filantes. On fait un voeu? Volver...


La ruta del Che

Apres la Patagonie, direction San Juan, cette fois-ci beaucoup plus au Nord, ce qui s'est traduit concretement par une temperature de 39 degres a l'ombre quand je suis arrivee, un petit choc. 2 jours de visite des parcs Ischigualasto et Talampaya, 2 parcs naturels completement surrealistes, de formations geologiques millenaires, dans lesquels on a notamment retrouve les fossiles des tous premiers dinosaures connus, et des peintures rupestres d'il y a 2 500 ans. Dieu merci, le ciel etait plutot couvert, car sinon ca peut monter a 50 degres en cette saison. Tres impressionnant.

Et la commence l'aventure... L'idee etait (est) de retrouver des amis allemands rencontres a Buenos Aires a Uyuni, en Bolivie. Pour ceux, peu nombreux j'en suis sure, qui ne seraient pas cales en geographie bolivienne, c'est au sud, tout pres du Chili. 20h de bus plus tard, je debarque a la frontiere. Apres une tentative d'arnaque au visa dans mes 20 premieres secondes sur le territoire bolivien - ca commence bien, j'arrive a la station de bus ou je demande naivement comment aller a Uyuni. Reponse : alors il faut passer par x, ensuite changer a y puis a z. De la tu peux aller a Uyuni - les lettres remplacent des noms de villes que j'avais jamais entendu de ma vie. Ah, et ca prend combien de temps ? 3 jours, más o menos.

Apres avoir surmonte le moment de desespoir total qui a suivi - il faut avoir vu la gueule d'un bus bolivien, avec 35 degres, plus de billets que de places assises, enfants en vrac, animaux domestiques, pause toutes les 20 mn, routes de terres et une vitesse moyenne de 40 km - je prefere ne pas evoquer l'etat des amortisseurs, mon pauvre dos ne s'en remettrait pas - pour comprendre ; je suis courageusement partie pour Santa Cruz avec 3 americains salvateurs rencontres dans le bus.

Apres une nuit de sommeil dans un vrai lit avec un vrai ventilateur, la foi etait revenue, et je pars dans quelques heures pour Sucre (temps de trajet : entre 12 et 25 heures...) d'ou si tout va bien je pourrai rejoindre Uyuni. Si tout va bien, c'est a dire si les routes de terre ne sont pas inondees - c'est la saison des pluies - et si les manifestants pour la demission du prefet de Cochabamba debloquent la route...

Bref c'est une autre ambiance que l'Argentine, mais c'est aussi un pays tres different, tres Indien, des paysages magnifiques.
Et puis, ca fera des beaux souvenirs, non? Enfin, surement, un jour, quoi ...


Perdida en Patagonia

Joyeux Noel ! Et bonne annee!
Alors oui, je sais qu'on est le 6 janvier, et que les lecteurs assidus de mon blog - entite hypothetique vu que je n'ai aucune idee de qui le lit - ont ete frustres de nouvelles ces derniers temps...
Apres Ushuaia, je suis donc partie vers le Chili ou j'ai passe Noel avec une amie de Sciences Po (Marion, une pensee emue en te souhaitant bon courage pour le baby-sitting en passant le Cap Horn et la chasse au castor en terre de feu) avant de partir pour 5 jours de trek et de camping a la roots dans le parc Torres del Paine.

Je precise que j'avais jamais monte une tente de ma vie, que mon seul entrainement sportif ces derniers mois c'etait de danser la cumbia jusqu'a 6 heures du mat et que quand on arrive de la canicule a 36 degres a Bs As, les 3 degres la nuit avec le vent et la pluie ca fait drole. Et marcher 8 h par jour avec 15 kg sur le dos en montagne, c'est pas reposant. Ca a ete dur, ca a ete fort, j'ai cru que j'allais pas survivre mais j'ai survecu et c'etait finalement assez fun, entre les veilles vin chaud sur le camping avec les porteurs chiliens et ... ah oui, les magnifiques paysages, c'etait l'idee ;-)
Retour en Argentine, El Calafate, visite de magnifiques glaciers - la glace, c'est bleu... J'etais peut-etre la seule a pas le savoir mais ca m'a fait un choc... Soiree du jour de l'an bien placee pour le titre de la plus bizarre de ma vie avec des gens que je connaissais en moyenne depuis 2 heures, a errer dans les rues du bled le plus mort d'Argentine pour trouver un bar ouvert... Pour finir a danser avec des colombiens et... beaucoup de mineurs dans le seul endroit ouvert qu'on a trouve.

Et me voila a Bariloche, 36h de bus plus tard - un peu long quand meme - toujours en Patagonie mais plus au Nord, retour a un climat normal, j'ai retrouve des amis de Buenos Aires, eux tres en forme qui m'epuisent avec des marches de 9h dans les collines, des apres-midi a faire du rappel - j'ai cru que j'allais mourir quand je me suis retrouvee en haut des 50 m verticaux a voir les gens tous petits en bas, et des soirees a sortir jusqu'a 5 h. C'est beau la jeunesse, mais je fatigue !!!

La semaine prochaine je traverse plus ou moins le pays, direction Bolivie et Perou avec d'autres amis allemands...
Bref il s'en est passe des choses...


Le Bout du Monde - Paris + 13 281 km

17-12 : depart de Buenos Aires
18-12 : depart de Bs As
19-12 : depart de Bs As ... enfin pour de vrai et arrivee a Ushuaia
20-12 : navigation sur le canal Beagle jusqu'a l'estancia Harberton

Apres de nouvelles mesaventures, un depart en avion avec 40h de retard a 3h40 le matin - a peu pres la pire heure pour un vol de 5h, avec une escale pour etre sure de pas dormir plus de 2h d'affilee - me voila a Ushuaia, la ville la plus australe du monde. Et alors oui, c'est depaysant... D'abord parce qu'il fait 30 degres de moins qu'a Bs As, ou d'accord c'etait un peu caniculaire les derniers jours mais quand meme.

La premiere question s'impose : porque, POR DIOS, des gens vivent ici??? C'est froid, il arrete jamais de pleuvoir, il fait 7 degres en maximales et c'est le milieu de l'ete, autant dire qu'en hiver ils ne voient pas le soleil, au sens propre d'ailleurs puisqu'il fait jour 5h. J'oublie les vents du sud, directement de l'Antartique - ah pour ca l'air est frais, a tous les sens du terme... Bonjour le choc thermique.

Mais pour le touriste (en tous cas une fois qu'il a compris le truc et enfile style millefeuille la moitie, sans exageration, de sa garde-robe pour 2 mois, je me suis jamais sentie aussi sexy) c'est assez magique : il fait jour jusqu'a minuit, les paysages sont incroyables, aujourd'hui en bateau sur le canal Beagle j'ai vu des pingouins (hay pingüinos en Tierra de Fuego? - Supongo que hay...), des lions de mer, des cormorans, et toutes sortes d'oiseaux invraisemblables dont j'ai pas toujours compris le nom en espagnol.
J'ai aussi decouvert qu'avant les immigres europeens - surtout des anglais, allez savoir pourquoi - les habitants de la region, les indiens Yamana, vivaient nus, ce qui, quand on grelotte avec 3 pulls en plein ete, laisse reveur...

Par contre c'est hyper touristique, ce qui a pour consequence que la vie est chere et qu'on me repond en anglais quand je parle en espagnol ce que je prends personnellement a chaque fois. Et je me prepare a un sympathique trajet d'environ 24h de bus pour ma prochaine etape... Et ce sera pas le dernier. Mais en meme temps je pense que si ca me fait beaucoup de bien de dormir - cette volupte oubliee - la solitude et les saines ballades dans la nature preservee ca risque aussi de vite me lasser!


Hoy no es mi día...

Il y a des jours, dans les voyages, ou on se dit que c'est merveilleux, l'aventure, de pas savoir de quoi demain sera fait, l'inconnu, rencontrer des nouveaux amis, vivre des choses uniques que l'on ne pourrait pas vivre chez soi...

Et puis, il y a des jours, ou non.
Par exemple quand, dans les memes 48 heures, on se tape une intoxication alimentaire qui clouerait au lit pour 3 jours si on devait pas voyager en bus et courir dans toute la ville pour organiser la suite, que l'on se separe de tous les amis faits depuis 2 mois, bien sur pas facilement, que l'on harcele telephoniquement son ancienne proprietaire pour recuperer la garantie de l'appart jusqu'a etre obligee, le temps passant, de lui filer rendez-vous a 8 h du mat´un dimanche avant de prendre l'avion...
Bref le week-end commencait tres tres bien jusqu'a ce que... ben justement... prendre l'avion. Arrivee a l'aeroport, aeroport ferme. 3 heures d'attente, aeroport bien sur bonde, avec pour info sur les ecrans officiels "por favor no se olviden de apagar su celular antes de entrar" (eteignez vos portables quoi). Pour apprendre que le vol est annule. Et que "quizás" ce soir, demain, un jour il sera remplace. Me voila donc bloquee a Bs As (ah t'avais pas envie de partir? Ben c gagne...),sans appart, sans bagages laissees a l'aeroport et sans nouvelles de la compagnie. Ah oui, pour completer le tableau j'ai dormi 3h pour cause de despedida (otra vez).

Voila ma vie passionnante, si un jour j'atteins le sud, c'est jure, je dors jusqu'a Noel - au moins.


Mendoza

8-12 : Depart de Buenos Aires
9-12 : Arrivee a Mendoza
10-12 : Puente del Inca, vue de l'Aconcagua (plus haut sommet du continent)
11-12 : depart pour Cordoba apres un tour des caves - no comment

Il a donc fallu se separer, aussi difficile que ce fut, de Buenos Aires pour commencer la grande aventure autour de l'Argentine...
Vendredi soir nous sommes donc parties, avec deux amies respectivement anglaise et galloise (et moi je m'eclate avec le Spanglish) pour ma premiere nuit en bus, 13h sur lesquelles j'ai du dormir environ 12h30 en semi-coma pour cause de manque de sommeil aigu la derniere semaine, entre les exams, le demenagement, et surtout les despedidas...

Bonne nouvelle les bus sont super confortables, et vu ma tendance narcoleptique dans les vehicules motorises (j'en entends qui rigolent d'ici) je devrais pas trop souffrir des grands trajets.
Au reveil, a l'aube donc et pas fraiche (7h soit exactement l'heure a laquelle je m'etais couchee la veille... il fallait bien ca pour la derniere soiree), premier grand choc : je suis tombee nez a nez, pour la premiere fois de ma vie, avec les Andes! Un reve qui se realise, et qui plus est c'est magnifique.

Mendoza donc, c'est calme, tres calme et presque un peu mort... Mais je crois que ca c'est les effets secondaires des deux mois hysteriques qui ont precede... C'est aussi la ville du vin, et donc forcement on en a un peu goute histoire de completer une reputation d'alcoolique qui nous poursuit Shelley et moi, depuis que dans un exercice de vocabulaire en classe on a repondu en choeur et toutes seules : "fondo blanco"! Visiblement on etait les seules a savoir que ca voulait dire "cul sec"... La prof n'a pas pu resister a faire un commentaire sur "ben on voit les specialistes..." Pas glorieux tout ca.

Et donc ce soir, depart pour Cordoba pour aller passer quelques jours de squatt en groupe chez un ami argentin.
Deja nostalgique de Bs As, c'est fou a quel point il est dur de quitter cette ville. Je suis tellement sentimentale...


Ultima fin de semana en Bs As (por ahora?)

Donc ca veut dire dernier week-end a Buenos Aires, meme si je pense que vous aviez tous compris...
Je pars en effet vendredi prochain pour une mini-boucle dans le Nord-Ouest (Mendoza et Córdoba) avant le grand depart pour la Terre de Feu le 17 decembre, et Dios sabe ou je vais bien pouvoir passer Noel. Pour cette premiere partie je serai accompagnee de ma meilleure amie ici, et nous allons partiellement squatter chez un ami argentin, bref ca reste dans l'ambiance.

Bilan j'ai 15 000 choses a faire avant de partir et je ne parle meme pas des adieux et optionnellement des exams, et le week-end n'a pas ete follement productif pour cause de soirees d'anniversaires a repetition.
Hier en nous promenant dans Palermo a l'heure du coucher du soleil, avec mon eternelle acolyte Shelley, nous avons brutalement realise a quel point nous n'avions pas envie de partir, et a quel point cette ville, pas si facile a apprecier au premier abord, nous avait finalement ensorcelees. Nos coeurs se sont serres a l'idee que le week-end prochain on ne pourrait pas finir la soiree a 6h30 en buvant un submarino (chocolat chaud) dans un cafe typique d'ici, aller faire du shopping plaza Cortazar ou tout simplement se raconter nos vies en se balladant dans un des nombreux quartiers sympas, chacun avec son atmosphere particuliere, que nous avons decouverts petit a petit.

Mais bon c'est la vie, il faut partir vers de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres, de nouveaux climats - j'ai realise avec horreur qu'a l'heure actuelle il faisait 5 degres a Ushuaia et que les chaussures les plus appropriees que j'avais etaient des tongs - et il reste tant a decouvrir.
En attendant je m'envolerai vers le Sud la tete pleine de souvenirs et en lancant "je reviendrai" en guise de defi a cette ville qui m'a tant apporte.


Dimanche

Un dimanche ordinaire, on finit de dejeuner tranquillement avec ma coloc a 16h30, il faut dire que ca fait deux soirs de suite (enfin "soirs"...) que je rentre a 6h du matin et que je suis pas fraiche. Je me dis que je devrais reviser les usages de l'imparfait du subjonctif ou les 3 types (et demi) de propositions conditionnelles pour les exams qui approchent, au lieu de quoi j'ecris des mails et je bois du mate. La vie est dure, quoi.

Cette semaine mes activites de volontariat ont repris. En plus des ateliers d'activites manuelles que j'anime d'habitude avec les enfants du Comedor Communautario San Cayetano, je me suis retrouvee a faire du soutien scolaire ce qui est quand meme le comble et a essayer d'expliquer a une petite par ailleurs adorable les accents en espagnol alors que c'est precisement un des trucs les plus difficiles pour les francais. Mais bon niveau CE2 je m'en suis sortie ;-)
Le principe des ateliers est d'occuper les enfants entre la sortie de l'ecole et le diner pour eviter qu'ils trainent. A chaque fois en y allant j'ai l'impression de changer de monde, de passer de l'autre cote du miroir : a quelques cuadras de l'endroit le plus touristique de la ville, les rues ne sont pas vraiment goudronnes, les maisons sont en tole et en bois, les incendies monnaie courante, et des qu'il fait un peu chaud - autant dire souvent - le rio pollue par les industries locales exhale une odeur assez insupportable et tres typique du quartier.
Voila pour la description de ce dont vous ne verrez pas de photos car il n'est vraiment pas conseille de se balader dans le coin avec un appareil...

Bon apres vous avoir bien deprimes, retour a la vie superficielle d'etudiante glandeuse - moi aussi a chaque fois ca me fait drole. Cette semaine, pleine de nouvelles experiences : ma premiere milonga - une sorte de bal ou on danse le tango, il y a encore du boulot mais il parait que j'ai les pieds faits pour ca alors je m'accroche ; ma premiere soiree en boite, qui a ete un peu decevante. Je pense que l'erreur strategique etait de sortir entre filles et d'arriver un peu tard : on ne pouvait pas danser sans une nuee de garcons affames, alcoolises et desesperes prets a tout pour ne pas finir la soiree seuls et vraiment pesants. Depuis le temps on a appris a se defendre mais c'etait vraiment too much.
Et oui, l'Argentine c'est aussi ca : 60% des hommes en couple sont infideles (source Elle ;-) et le machisme, c'est pas des mots. Et apres on se demande pourquoi les filles ici sont un peu mefiantes. Et pour finir le chapitre sociologie, j'ai aussi ete tres impressionnee de voir a quel point les filles sont minces, voire maigres. L'anorexie est le sujet d'actualite depuis qu'il y a quelques jours une mannequin est morte a cause de cela. Le poids est encore plus une obsession qu'en France : il suffit de voir les kms d'etalages de produits light dans les supermarches, ou d'essayer d'acheter un pantalon en taille 40. Il parait que proportionnellement l'Argentine est un des pays du monde le plus touche par ce probleme.
Bref, sortir danser, ca peut etre tres culturel comme experience ;-)


Son cosas de aca

Apres 2 semaines d'un temps presque parisien (ok j'exagere) l'ete est de retour sur l'Argentine, la temperature monte et avec elle le taux de piroppos...
Voila sans doute le moment d'une petite parenthese culturelle. Dans un pays ou la drague est le 2e sport national apres le football, aucune personne de sexe feminin n'y echappe : ca va du regard tres tres insistant, aux sifflets, aux compliments et commentaires plus ou moins fins et plus ou moins droles, generalement tout sauf discrets. Pas plus tard qu'hier j'ai eu la joie de me faire complimenter pendant 2 mn par un employe de l'immigration, j'aurais sans doute ete beaucoup plus flatee si cette petite scene touchante n'avait pas eu lieu alors que le bateau menacait de partir sans nous pour l'Uruguay.

Habile transition vers ma petite escapade d'hier a Colonia, de l'autre cote du Rio de la Plata, une petite ville coloniale tres jolie et... calme ce qui, apres deja 5 semaines de frenesie et un week-end particulierement hysterique nous a permis de nous ressourcer avant... ben faut l'avouer, de retourner faire la fete (ah! Juventud!). Et puis maintenant j'ai 4 beaux visas dans mon passeport.

Ce week-end donc, festival Creamfields - musique electronique - ou les plus vaillants parmi les 60 000 spectateurs(si, si, moi aussi) ont danse du coucher du soleil a bien apres l'aube, autrement dit pres de 11h non stop, we are warriors.

Et puis sinon, la vie d'expatriee continue a etre pleine de surprises et d'apprentissages, comme par exemple decouvrir qu'ici, il y a des arbres qui pleurent ; qu'on peut se bruler assez gravement avec des cocktails ; que non seulement il y a des glaciers ouverts a 2h du matin mais qu'ils sont remplis de monde, et, encore beaucoup plus incroyable que tout le reste, il y a des taxis qui ne brulent pas de feux - bon, ne soyons pas trop optimistes, j'en ai rencontre un.
Les photos de tout cela arrivent, c'est promis, tres bientot - et ce n'est pas une promesse d'argentin ;-)


Tu dormiras quand tu seras mort

Buenos Aires, la ville qui ne dort jamais... Depuis quelques temps je fais un peu comme elle! Il faut dire que l'emploi du temps s'est rempli a grande vitesse, entre les cours a la fac, le tango, les potes, les (tres nombreuses et tres tardives) sorties... Plus on a de choses a raconter et moins on a de temps pour le faire.

Dans un genre tout a fait different j'ai aussi commence a faire du volontariat, je m'occupe d'animer des ateliers d'apres l'ecole pour les enfants de la Boca, un quartier tres pauvre. Comment devenir schizophrene : passer en une heure de l'atelier papier mache au milieu d'un bidonville, dans une maison en tole aux soirees chic de la jeunesse doree argentine. Il y a des moments de grande culpabilite sociale mais dans l'ensemble je gere.

Sinon je pourrai vous raconter en vrac que les Argentins sont les gens les plus adorables, amicaux et accueillants du monde, que le soleil se leve a 5h45 du matin, que le climat est tellement bizarre que la temperature peut monter ou descendre de 20 degres en un jour, que dans cette ville il se passe toujours quelque chose et que la creation artistique est incroyablement vivante, que je rencontre plein de gens passionants, que j'ai pas parle francais depuis une semaine et que j'ai des tics de langage en lunfardo ; que je suis en train de tomber amoureuse de l'Argentine.

Que vous me manquez, vraiment, meme si c'est bizarre de dire ca quand je ne sais pas qui lit ce blog...

Un beso du paradis (ou presque)


L'été à Buenos Aires, ça y est, il fait 30°

[Note de l'auteur : le but de ce message n'est pas de déprimer tous les parisiens qui me lisent. Cependant c'est un effet secondaire possible, bien que totalement fortuit. Bon, ça vous console si je vous dis que je me suis pris des coups de soleil? Non? Allez, bon courage pour l'automne ;-)]

Je ne ferai pas durer plus longtemps le suspense car je suis sûre que vous mourrez d'impatience après le dernier message : alors oui, le mythe est pour une fois vérifié, les argentins sont bel et bien beaux. Entendons-nous bien, je ne parle pas des jeunes hommes, que je ne regarde même pas ;-) mais des gens en général, du passant moyen. Plus beaux, toujours bien habillés, soignés, soucieux de leur apparence... Nos profs à la fac ressemblent à des tops prêtes à défiler, je vous laisse imaginer ce que ça donne le soir quand les gens sortent! De quoi complexer grave quand on a 3 tee-shirts et 1 jean parce que ça tenait pas dans le sac à dos...

Ma vie s'organise, pleine de nouvelles expériences : mes premières chaussures de tango - 8 cm de talon, c'était le minimum mais j'ai l'impression de faire de l'équilibrisme plus que de la danse, je sais pas qui a dit que le tango c'était pas sportif mais j'ai plein de muscles qui souffrent et peuvent témoigner du contraire - ma première soirée chez des argentins, où je suis tombée sur l'acteur de Carnets de voyage, on ne s'évanouit pas ce n'était pas Gael Garcia Bernal mais l'autre ; je suis rentrée tôt, vers 3h (!) mais c'était génial, avec des musiciens qui se sont lancés dans une impro aux percu et tout le monde qui s'est mis à danser - Buenas ondas!!!


Buenas ondas

La vie commence pour de vrai après 10 jours plus riches en galères diverses qu'en soirées de folie.
J'ai commencé les cours d'espagnol à la fac. Le groupe compte une dizaine de personnes et presque autant de nationalités différentes, d'après mes statistiques personelles environ 70% sont là pour cause de novio ou novia argentins et certains comptent s'installer pour de bon. Quand à la fac, le bâtiment est dans un état vraiment pitoyable, je pense que le dernier coup de peinture date du siècle dernier et certaines salles ont du être des couloirs dans une vie antérieures, je vois pas d'autre solution!!!

A part ça je découvre donc le quotidien dans le "Microcentro" de Buenos Aires où se trouve la fac et qui est un quartier assez fascinant. Ca ressemble un peu à la City, à Londres : des banques, des cadres en costume class et attaché-case, des magasins où tout s'achète et tout se vend, beaucoup, beaucoup de monde, un flot ininterrompu de piétons, de bus, de taxis, de voitures et un bruit à faire devenir folle une parisienne blasée - qui habite avenue du général leclerc, quand même...

C'est difficile de croire que le pays sort à peine d'une crise économique tant ce quartier ressemble à n'importe quelle zone d'affaires de pays riche.

A ceci près qu'en regardant mieux, on se rend compte que les banques sont protegées par des rideaux de fer et des blocs de béton, que certaines sont encore couvertes de grafittis du type "aqui roban" "asasinos" (ici, on vole - assassins) et un certains nombres de mots en lunfardo, argot local, qu'on peut soupçonner ne pas être particulièrement affectueux. Et il suffit de passer un peu en fin de journée pour tomber sur les fameux cartoneros qui fouillent les poubelles à la recherche de n'importe quoi qui puisse se récupérer, bouts de carton, fils électriques, papiers, vieux vêtements etc. Bref, encore beaucoup de marques de la crise - petit rappel au cas où, le peso a à l'époque été dévalué très rapidement, ce qui fait que tous les gens qui avaient des économies ont tout perdu, et comme les salaires n'ont pas suivi l'augmentation énorme des prix, tout le monde a vu son niveau de vie dégringoler en quelques mois.


Bref, sur un ton plus léger, je m'habitue peu à peu à toute cette agitation, et me sens beaucoup moins dépaysée depuis que j'ai découvert qu'ici il y avait Les Inrocks et Elle (prononcer "eche"), que ma station de métro s'appelait "Pasteur" et que la fréquence de la radio rock était 102.3... Bref, c'est presque comme à la maison, à part que les gens d'obstinent à tous parler espagnol (pardon, castellano, gaffe à ne pas faire!!!). A 22h je suis tellement claquée d'avoir fait des efforts pour comprendre toute la journée que je rêve juste de dormir et de silence. Mais bon je pense que ce week-end je vais explorer un peu la vie nocturne, d'autant plus qu'ici les gens sortent beaucoup et rentrent tard, très très tard... J'ai hâte!

Au prochain épisode, je vous raconte mes cours de tango - c'est pas censé être gracieux comme danse?? - et la verité sur le fameux mythe : les argentins sont-ils vraiment spécialement beaux ;-)


Home sweet home...

Me voila donc installee, ca fait plaisir de deballer enfin les sacs apres 5 ou 6 demenagements ces 2 dernieres semaines... Et je suis tres enthousiaste sur l'appart, qui est immense, lumineux et joli et les 3 colocs argentines qui ont l'air tres cool. J'adore deja mon petit balcon d'ou je sens que je vais passer du temps a regarder toute l'agitation de la rue.

Comme aujourd'hui etait une journee faste j'ai aussi enfin pu m'inscrire a la fac, processus qui avait ete retarde par ma grande aventure de l'ascenseur : je suis en effet restee bloquee 4h, au moment des inscriptions, dans l'appartement car l'ascenseur etait en panne et que je n'avais pas les cles pour l'escalier. Une petite crise de nerfs plus tard j'ai quand meme reussi a m'inscrire mais c'etait un peu stressant.

Ma vie est pleine de ce genre d'aventures palpitantes : il faut dire que quand on debarque, rien n'est evident, les plus petites choses demandent un effort immense... Par exemple, expliquer, en espagnol bien sur, a un vendeur le mot "adaptateur" sachant que je ne sais dire ni "prise" ni "courant" ni quoi que ce soit de ce genre. Ou encore comprendre le code de la route local : mes dernieres investigations a ce sujet m'ont fait comprendre une chose fondamentale : les feux rouges ont une vocation de mobilier urbain, purement decorative. Les voitures argentines ne sont semble t-il pas equipees de clignotant, et je ne parle meme pas des limitations de vitesse.

Mais bon, les cours commencent enfin mardi, puisque lundi - le 16 donc - on ne travaille pas, car le 12 est ferie pour celebrer la decouverte de l'Amerique par Colomb. Logique, non?

En attendant je joue un peu les touristes, et j'ai quand meme hate d'avoir une activite un peu reguliere, notamment pour rencontrer des gens car pour l'instant je dispose d'un temps libre enorme, ce qui pour moi est une chose inhabituelle, voire vaguement inquietante... Mais visiblement glander s'apprend assez vite car finalement je m'y fais plutot!


Mission numero 1 : accomplie

La premiere mission, bien plus semee d'embuches (pourquoi tous les argentins semblent avoir des chats????) que je ne le pensais a enfin ete menee a son terme puisque j'ai trouve une chambre dans laquelle (oh! joie) j'emmenage vendredi. Encore quelques jours de squattage et me voila a la maison loin de la maison...

Alors je vous presente un peu ce nouveau foyer : c'est une chambre chez l'habitante, dans un grand appartement avec une autre chambre a louer, avec Internet (bonne nouvelle) et tres bien place, dans un quartier pas fantastique en lui-meme mais tres pratique, pres du centre et des quartiers "chics" (pour les aficionados de Bs As, c'est juste au sud de Recoleta et pas loin de 9 de Julio).
J'ai aussi pris contact avec une assoc pour faire du volontariat, mais c'est une affaire a suivre.

Voila, la nuit tombe sur Buenos Aires, le ciel est lourd et il n'est pas le seul, il y a des soirs ou ca semble insurmontable de tout construire a partir de rien, ou la ville au dehors parait immense et hostile.
Mais bon, il parait que ca va passer ;-)

Bientot, si tout va bien, aussi des photos...


15 000 km plus tard...

Et oui, c'est fait, c'est pour de vrai, me voici en Argentine... Et deja plein de choses a raconter! Le voyage a ete plutot folklorique : environ 20 heures d'avion, 3 heures de retard, une correspondance de 7 h aux Etats-Unis (equivalence heure francaise : de 22h a 5h du matin), une quasi-deshydratation pour cause d'interdiction des "liquides, gels et cremes" a bord des avions pour les US, des controles de securite repetes - allez, on enleve ceinture et chaussures... - une panne de taxi sur l'autoroute, un total de 32h... Ca commence fort! J'ai aussi appris au cours de ce voyage que Buenos Aires c'etait en Amerique centrale - dixit la fille de la securite a Roissy - et que Miami, c'est pas aux Etats-Unis (en tous cas, visiblement l'anglais n'y est pas la langue officielle!!)

Depuis je cours Buenos Aires a la recherche d'un appart, si possible d'une coloc, plusieurs pistes pour l'instant, et en attendant je squatte chez des amis et des amis d'amis en revant d'avoir un chez moi.
Je ne sais pas par ou commencer pour vous donner mes premieres impressions... C'est tellement etrange ces premiers jours, je me sens a la fois completement perdue dans la grande ville, et en meme temps tout est nouveau et exaltant... La ville est immense et aucun quartier ne se ressemble. Prendre le bus devient toute une aventure!

Enfin en deux jours j'ai deja eu le temps de me retrouver au milieu d'une manifestation, de devenir addict aux alfajores (gateaux au dulce de leche), de croire qu'il y a une emeute alors qu'il s'agit "juste" d'un match Boca / River - les 2 equipes locales ; de comprendre pourquoi le Che s'appelle le Che et pourquoi en argentin "alli" se prononce "acha"; enfin de realiser qu'ici, c'est le printemps, et que le printemps c'est la saison (vous pensez fleurs, soleil, petits oiseux, balades au parc, amours ou jours qui rallongent eh non!) des allergies!! Ca va pas le faire ;-)

Bon je m'en vais profiter de ce dimanche ensoleille, a tres bientot et ecrivez-moi! Bises a tous


Ultimes préparatifs - 3 octobre

Plus que deux jours avant le grand départ...
Les bagages sont... hum... presque prêts, c'est-à-dire que le sac est plein, que je dois pas être loin des 15kg réglementaires, en fait le seul petit souci c'est qu'il manque des petites choses - mes vêtements, ma trousse de toilette, des détails quoi... Les (5) vaccinations sont faites, quelques malaises plus tard; la batterie de mon Ipod a jugé que samedi était le moment opportun pour mourir, et mon chargeur de téléphone portable me fait le coup de l'aiguille dans la botte de foin : il est dans un des dix cartons de déménagement. Une charmante suédoise a emmenagé dans ma chambre, un vendeur du Vieux Campeur s'est bien amusé en m'expliquant que ma taille de chaussure n'existait pas dans les modèles femme, et j'ai passé les derniers jours à (essayer de) dire au revoir à tout le monde...
Bref le compte à rebours a commencé, le petit coup de stress du départ aussi, une sorte de prise de conscience tardive de mon inconscience ;-) qui j'en suis sûre, s'évaporera dès l'arrivée. Et les séparations passées et à venir ne sont pas faciles (décidément trop sentimentale). Mais quoi qu'il arrive, je m'envole jeudi matin pour un autre hémisphère...

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